Dans le Neguev

Remontant d'Eilat s'offre le désert du Néguev, qui s'étend sur plus de la moitié d'Israël, toute la partie sud du pays jusqu'à l'Egypte. Un premier arrêt sur le chemin nous mène au kibboutz de Neot Samadar. C'est une communauté végétarienne qui cultive du bio, aussi vendu dans une boutique sur la route, dans un cadre verdoyant où prolifèrent palmiers et lauriers. Une étonnante tour posée sur un gros bâtiment rond trône au milieu de la propriété. C'est une tour de refroidissement pour les ateliers de l'endroit puisque s'y fabrique et vend tout un artisanat, bijoux, poteries, étoffes, ferronnerie. Nous esquivons la visite (payante) des expositions, un peu refroidi par l'aspect kitsch, aux couleurs pastel, de l'ensemble, d'assez mauvais goût, selon notre sensibilité du moins.

Nous rejoignons ensuite notre destination du jour, Mitzpe Ramon. Encore une petite ville assez artificielle posée dans le désert, mais qui apparaît cependant plus attractive que sa sœur Arad plus au nord. D'abord par sa position, perchée au-dessus du "Grand Canyon" local, Makhtesh Ramon, qui offre une vue imprenable sur l'immense étendue de ce cirque d'érosion karstique, un cratère long de 40 kms, large de 8 et profond d'un demi. Le centre d'accueil est décevant : la partie sur le cratère lui-même est assez sommaire, malgré une animation sur la genèse de celui-ci, et l'essentiel de la présentation est consacrée à Ilan Ramon, l'unique astronaute israélien, mort dans l'accident de la navette Columbia en 2003 : un peu décalé en plein Néguev quand même. Le soir venu, on s'avance sur un belvédère au-dessus du vide qui permet de plonger le regard dans les teintes orangées du sable et des roches au coucher du soleil. 

Une autre particularité étonnante de la ville est que les ibex, alias bouquetins du désert, y ont élu domicile, y trouvant nourriture à foison, bien plus que dans le désert voisin. Ces bouquetins se promènent en toute quiétude dans la rue, entre scooters, piétons et voitures, venant parfois se rafraîchir dans les jardins publics.


Si la ville a attiré une population immigrée assez pauvre, d'origine juive mizrahim, dans une grande cité d'un côté de la ville, elle a aussi su créer un quartier branché, le Spice Route Quarter, où se mélangent ateliers d'artistes, cafés et restaurants, studios, et même une boulangerie de qualité (Lasha Bakery), où nous trouverons le meilleur pain goûté en Israël. Nous déjeunons chez Gina, où la jeunesse locale a ses habitudes, et où la petite cuisine sise au milieu du resto concocte des plats végétariens parfumés et goûteux. Notre logement est situé non loin de là, un charmant B&B (Desert Home), quelques chambres dans une grosse maison en bordure du désert, avec un jardin noyé dans la verdure, une chambre meublée avec goût, et une terrasse à l'étage pour admirer le soleil qui s'éteint à l'horizon.

 



Le lendemain, on rejoint au nord le parc national d'Ein Avdat, un canyon creusé par l'eau et alimenté par une source jaillissant en plein désert. Belle balade le long de l'onde, en longeant les friables parois, jusqu'à une cascade, puis un point de vue offrant une vue globale sur ce site étonnant en plein désert.

  

Non loin de là se trouve le kibboutz où vécut le héros local Ben Gourion, fondateur de l'état d'Israël, qui y possédait une modeste maison, que l'on peut visiter aujourd'hui. Elle permet de voir son intérieur, marqué par sa bibliothèque et une profusion de souvenirs du grand homme, et d'en apprendre un peu plus sur sa vie riche en événements, depuis sa Pologne natale jusqu'à son rôle du Premier Ministre durant plus de 13 ans. C'est intéressant, même le sionisme asséné à jet continu finit par agacer un tantinet.

Dernier arrêt dans les environs à la cité d'Avdat, une ancienne halte nabatéenne sur la route de l'encens et des épices. Prospère du IIIème au VIIème siècle, elle est perchée sur son éminence. Accueillis par une caravane de métal rappelant les temps anciens, nous baguenaudons parmi des ruines assez bien conservées, thermes romains et églises chrétiennes, catacombes et villa, jusqu'à un pressoir byzantin, composant un étonnant carrefour de cultures anciennes.








Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Tassili n'Ajjer, minéral et humain

Ma géographie NBA

De pied en caps à Majorque