De pied en caps à Majorque
Si la première partie de notre séjour majorquin nous fait résider le long d'une plage au nord de l'île de Majorque, c'est bien plutôt pour nous servir de base afin d'aller explorer les caps et presqu'îles qui enserrent cette côte nord. Du côté ouest, les deux caps en enfilade de Formentor et des Pinar, de l'autre le moins connu cap Farrutx, constituent nos cibles pour des balades en surplomb de la mer.
Commençons par le cap des Pinar, la pointe du milieu qui s'enfonce dans la mer à partir d'Alcudia et de ses plages. De là, une route s'enfonce au milieu des pins d'Alep pour aller rejoindre l'Ermitage de La Victoria où l'on peut parquer son véhicule à côté d'une église et d'un restaurant. Un large chemin zigzague d'abord, puis ouvre sur un sentier au pied d'une pointe sur laquelle se trouve la tour de guet XVIème siècle de Sa Talaia. La pente se raidit, et le sentier devient casse-gueule, d'autant que le tapis d'épines de pin s'ajoutant aux cailloux rend l'itinéraire glissant. Mais le raidillon n'est pas bien long, et l'on est récompensé en arrivant au sommet par une vue sur la mer de trois côtés, au sud vers la baie d'Alcudia, au nord vers la pointe (inaccessible car réservée à un usage militaire), à l'est vers la baie de Pollença et la pointe de Formentor que nous irons voir un autre jour.
Sus donc à Formentor, où nous partons pour la journée car le trajet est plus long, d'autant que nous devons traverser les cités de Port d'Alcudia, puis Port de Pollença, encombrés du fait d'un trafic engendré par le tourisme balnéaire qui y sévit. Bon, ce pourrait être pire (de grands ensembles en béton par exemple), mais l'alternance de petites résidences, de parkings, de restos et de commerces touristiques, ne fait pas non plus franchement rêver. Après une heure de route, nous abordons le cap de Formentor, excursion prisée des vacanciers, au point que l'accès est devenu strictement contrôlé, en été du moins. A la plage de Formentor, la route pour aller plus loin est désormais fermée, et il faut prendre un bus pour continuer son chemin. Pourquoi pas, nous voici entassés dans un de ces bus qui sillonnent le cap. Notre objectif est le premier arrêt, qui permet d'accéder aux deux plages de Cala Murta et de Cala Figuera, pas de jalouse, une de chaque côté de la presqu'île. Celle de Cala Murta est plus éloignée, et donc moins fréquentée, une petite heure de marche, sous l'œil et au milieu des braiments d'ânes intéressés. On peut ensuite pousser jusqu'à la pointe d'El Castellet, pour une vue idyllique sur les eaux turquoise, le ciel bleu, les pins verdoyants. L'eau est à 26°C, je m'y précipite avant le déjeuner / pique-nique, ma première (et seule) trempette du séjour. Enfin, pas tout à fait puisque je remets cela l'après-midi de l'autre côté, la plage de Figuera, plus proche de la route, et donc plus chargée en baigneurs, un peu moins jolie aussi malgré son eau toujours aussi transparente, mais sur un terrain plus pelé. Ma baignade bis me fait aussi faire la connaissance d'une petite méduse urticante qui me brûle le bras, désagrément heureusement estompé en quelques minutes. Sur le chemin du retour, le stop au Mirador de Sa Creueta est un must, comme le prouve le parking bondé qui le borde. Le chemin empierré mène au haut de falaises abruptes qui plongent en direct vers les flots quelques centaines de mètres plus bas, et offre une vue sur les découpes sauvages du cap.
Le troisième cap, moins connu, est celui de Farrutx plus à l'est. Nous le longeons d'abord côté mer, depuis Betlem jusqu'à la pointe d'Es Calo. Si le chemin est agréable, la destination est un peu gâchée par le ballet de bateaux à moteur qui amènent des palanquées de vacanciers, lesquels se partagent entre quelques pas sur la terre ferme, ou une baignade bruyante dans les eaux de la baie protégée. En plus il fait bien gris ce matin, et nous ne restons guère longtemps. L'autre balade est nettement plus calme, accédant par l'intérieur et le parc naturel de La Peninsula de Llevant. Rien de spectaculaire, si ce n'est la vision épisodique de découpes du cap au loin, mais une balade tranquille et champêtre entre moutons et chèvres, passant devant un camp détruit qui abrita autrefois des prisonniers républicains lors de la guerre civile espagnole, ou plus prosaïquement devant des figuiers gorgés de fruits, pour un délicieux goûter de figues mûres à points, cueillies sur l'arbre même.
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