Transbordement sur Charente

Pour fuir un bord de mer décidément bien trop peuplé en ce cœur d'été 2021, nous chargeons les vélos sur la voiture pour aller longer, non la mer, mais la Charente non loin de là, autour de Rochefort, empruntant ainsi une portion de la Vélodyssée qui parcourt le littoral français de Roscoff jusqu'à Hendaye. De fait, ce parcours s'étend sur tout le front atlantique de l'Europe, partant de Norvège pour finir au Portugal. Il y a bien quelques cyclotouristes qui le suivent (sans que l'on sache quelle portion, brève ou plus longue, ils en accomplissent), mais la densité reste très raisonnable. Depuis notre point de départ du Petit Vergeroux, non loin de Rochefort, l'on longe la large Charente qui vient de prendre son départ depuis l'Atlantique et affiche fièrement ses quelque 300 mètres de large. La piste suit le chemin de halage, longeant dans un paysage à plat campings, champs et forêts, tandis que le fleuve roule ses flots brunâtres de l'autre côté. Puis le paysage se verticalise tandis qu'apparaissent successivement le viaduc de Martrou et le pont transbordeur. Le viaduc, perché à 42 mètres au-dessus du sol, permet depuis 1991 de franchir la Charente pour rejoindre plus au sud Royan ou l'île d'Oléron, enjambant au passage des marais et la plus grande station de lagunage européenne, traitant les eaux usées de la ville voisine.

Mais le plus intéressant reste à venir avec le Pont Transbordeur de Martou, quelques encablures plus loin. Cet ouvrage, conçu par Ferdinand Arnodin en 1900, permettait de franchir la Charente sans gêner la circulation fluviale, grâce à une nacelle suspendue emmenant ses passagers d'une route à l'autre de part à d'autre du fleuve. Réhabilité il y a peu, c'est le dernier Pont Transbordeur de France, qui permet aux touristes (et le cas échéant à leurs vélos) de faire un tour de nacelle par cet inusuel moyen de transport. Nous l'empruntons bien entendu nous aussi, sans nos vélos, pour aller visiter le petit musée sis côté sud, qui raconte l'histoire du pont, en citant ses frères d'armes, comme le Transbordeur de Bilbao que nous aperçûmes il y a quelques années dans la grande ville basque.

Nous continuons notre route en remontant jusqu'à Rochefort et à son port, où nous pouvons cette fois admirer la fameuse Hermione à quai, cette réplique du navire sur lequel Lafayette embarqua pour les Etats-Unis en 1780.



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Tassili n'Ajjer, minéral et humain

Ma géographie NBA

De pied en caps à Majorque