Palmagique

Palma de Majorque, voilà qui a priori ne fait pas rêver. On s'imagine des barres d'hôtels en béton alignées le long de plages bondées, fréquentées par des bordées de fêtards excités et avinés. Quand on apprend ensuite que Palma abrite près de 500.000 habitants, la moitié de l'île, on se demande ce que l'on va rencontrer, obligé que l'on se sent d'aller quand même visiter la capitale des Baléares. Une fois passés les habituels faubourgs et la rocade bien remplie, on entre dans le centre ville et sa partie plus ancienne.

Des ruelles étroites, vestiges d'une époque médiévale, laissent passer un peu de lumière et sont bordées de nombreuses maisons (can), souvent gothiques car refaites au fil des siècles. Elles sont caractérisées par un patio fleuri, qui servait de lieu de réception, autour duquel se structure l'habitation, et notamment un escalier en pierre permettant d'accéder à l'étage. Toutes ces maisons sont privées, mais les grilles métalliques permettent malgré tout d'en apprécier la quiétude et la beauté. Non loin de là, les bains arabes, seuls vestiges de cette période, rappelle un peu ces patios, avec une salle couronnée d'une coupole supportée par des colonnes, sise dans un beau jardin bien caché dans le vieux Palma.


  

Une autre architecture fait aussi la renommée de Palma, celle du modernisme, version catalane de l'Art Nouveau. S'en détachent la CaixaForum, l'ancien Grand Hôtel de la ville, construit en 1900, devenu un centre culturel exposant des artistes locaux. Ou les Almacenes El Aguila, de Gaspar Benassar, d'anciens magasins répartis sur trois étages. Quant à la Fondation Juan March, elle occupe un hôtel du XVIIème pour présenter des peintres du XXème tels Picasso, Miro, Juan Gris.

 

Le monument le plus connu de Palma est sans doute son imposante cathédrale, autant pour aspect, un gothique hybride mâtiné de Renaissance retravaillé au fil des siècles, que par sa situation près de la mer et en surplomb d'un plan d'eau. Nous ne pourrons en visiter l'intérieur, du fait de ces horaires espagnols toujours surprenants où beaucoup de lieux ferment dès l'heure de déjeuner dépassée. De l'esplanade de la cathédrale, une vue s'offre sur le port, pour s'apercevoir que Palma reste peu ouverte sur la mer, et qu'il n'y a quasiment aucun aménagement de ce côté, comme on peut en voir par exemple à Barcelone ou Valence. 

Plus vers l'ouest, traversant Sa Riera, le cours d'eau canalisé de la ville, l'on rejoint le quartier branché de Santa Catalina, bien calme dans l'après-midi, mais qui revit le soir venu lorsque sort la jeunesse locale. Jadis un quartier pauvre de marins, à maisons traditionnelles à 2 étages, elle regorge désormais de bars et restaurants et semble être "the place to be" désormais.

Il y a évidemment moult lieux pour se sustenter. Pour nous, un déjeuner sur une jolie place à l'écart de la foule, avec une carte simple et goûteuse, ou bien un exquis chocolat + ensaïmada (sorte de brioche fourrée) dans un des lieux emblématiques, la Ca'n Joan de S'Aigo , qui date de 1700 et semble resté ainsi dans son jus depuis plus de 3 siècles.


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