
Je suis installé pour 2 nuits dans un hôtel standard, mais correct (le Relais d'Etretat), à Bolbec, petite ville industrieuse pas très folichonne, qui m'incite le soir venu à déguerpir vers d'autres lieux plus attirants. Le premier soir, c'est vers Le Havre qui je me dirige, y étant déjà passé 2 ou 3 fois, et ayant apprécié cette ville souvent perçue comme moche, disons les choses. Elle a certes été rasée lors de la dernière guerre et reconstruite de manière assez uniforme, mais avec le recul, l'unité architecturale de ces immeubles en béton, dessinés par Auguste Perret, lui confère un style unique. Et puis les aménagements ajoutés au fil des années ont complété et égayé ce style, brisant la monotonie, tel ce Volcan blanc (alias Pot de Yaourt), scène théâtrale conçue par - excusez du peu - le célèbre Oscar Niemeyer, celui de Brasilia, oui. Je n'ai guère le temps de profiter de toute la ville en une soirée, je me contente de longer le Bassin du Commerce, de traverser sa fluide passerelle, de rejoindre le quartier de Saint-François jusqu'au parc Nelson Mandela, où la double arche colorée offre un gai contre-pied aux conteneurs du port juste en face. Je m'arrête tester une volée quelques bières locales, selon ma routine bien établie au sympathique "Havrais Bière" sur le quai de Southampton, avant un dîner en solo dans un médiocre indien non loin de là.




Le lendemain après-midi, c'est vers le nord et le célèbre village d'Etretat que je me dirige. Celui-ci n'est pas encore bondé en ce tout début de saison, on peut s'y balader à peu près calmement. Après un bon déjeuner de poissons, au soleil, chez Marie Antoinette, je suis irrémédiablement attiré par la mer et par la baie légèrement concave, flanquée de ses falaises amont et aval, avec dans le viseur la célébrissime aiguille creuse rendue fameuse par Arsène Lupin. Première grimpette par le chemin des Douaniers côté aval, pour admirer d'en-haut Etretat et sa plage de galets.
Puis rebelote du côté amont, jusqu'à la Chapelle des Pêcheurs et la flèche de l'Oiseau Blanc, rappelant Nungesser et Coli qui passèrent par là avant de disparaître en vol vers le Nouveau Monde. Si je connais presque comme ma poche tous ces lieux pour m'y être rendu moult fois, ce n'est pas le cas des récents Jardins d'Etretat (2017), juste à côté. "Jardin expérimental", "sculptures vivantes", cela sent à plein nez le concept marketing pour attirer le péquin moyen. Et pourtant ça marche ! D'abord grâce au site, sur le terrain de la Villa Roxelane, perché au sommet de la falaise d'Amont, avec vue sur la ville, la mer, l'aiguille creuse au fond, le panorama est exceptionnel. Ensuite parce que le paysagiste russe Grivko a réussi son coup. Sur un terrain abrupt et étroit, les sentes cheminent à travers des espèces locales de la côte normande, et d'autres plus exotiques, conifères, buis et bambous, rhododendrons et orchidées, le tout assemblé en différents jardins aux noms évocateurs (Avatar, Emotions, Impressions, Zen, la Manche) et semés de sculptures d'artistes contemporains qui ajoutent une touche humaine à la végétation. Vraiment une réussite pour une belle heure de flânerie, avec même une balancelle pour se poser dans une futaie.
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