Retour à Jumièges

Une nouvelle formation m'emmène cette fois du côté de la Seine-Maritime, à Bolbec où je vais officier deux jours durant. Pour m'y rendre en voiture, je fais une nouvelle fois l'école buissonnière en parcourant les boucles de la Seine, un peu plus loin que lors d'un week-end normand l'automne dernier. Un de ces nombreux bacs qui traversent le fleuve m'emmène d'abord à Jumièges. J'avais été impressionné par les ruines de cette abbaye, il y a bien longtemps puisque cela remonte à plus de 30 ans, et n'y étais point retourné depuis. La sensation reste pourtant la même en revenant sur ces lieux. Les ruines ont résisté au temps,  majestueuses, la nef n'a plus de toit, mais les murs qui l'entourent pointent à 25 mètres de hauteur. Tandis que l'herbe verte qui a remplacé les pavés dans l'église abbatiale amène une touche bucolique, tout comme le ciel bleu qui tient désormais lieu de toit. L'édifice mixe le roman, pour la partie ancienne, et le gothique, pour le chœur. Un tel édifice, construit il y a plus de 1000 ans, et dont l'essentiel est resté debout, est rarissime, et l'on se sent tout petit à déambuler comme dans une cathédrale intacte, avec juste le ciel comme limite.

A côté de l'abbatiale est juxtaposée l'église Saint-Pierre, la première édifiée, puis reconstruite en style gothique, dont il subsiste aussi la nef, des façades préromanes, le collatéral. Il ne reste par contre pas grand chose du cloître du XVIème, avec un if qui matérialise sa position. L'ancien cellier est lui resté en partie debout, il paraît qu'à l'époque, ses 26 caveaux pouvait contenir plus de 15.000 bouteilles au total, quels soiffards ces moines ! A l'entrée du domaine se trouve la Porterie, complétée au XIXème pour former une massive maison aux styles mêlés (style troubadour dit-on), qui abrite l'accueil et l'administration.

On peut se balader dans le grand parc de 15 hectares qui entoure le lieu, avec son système de terrasses, ses arbres centenaires, son thabor. Et finir la visite par le logis abbatial, petit château de style classique, situé un peu à l'écart, sur une hauteur, ancienne résidence des abbés commendataires, et qui propose des expositions temporaires. En ce mois de mai, ce sont huit artistes danois qui sont à l'honneur, avec notamment des photos originales, par exemple du Skagen, qui me rappellent la visite de ce pays en été 2010.

 

Il est temps d'aller voir l'autre site des environs immédiats, l'abbaye bénédictine de  Saint-Wandrille, anciennement de Fontenelle. Fondée en 649, elle est toujours en activité, et l'on peut voir les moines déambuler dans les lieux. Une visite guidée permet de voir le cloître gothique, toujours entier, en réfection ces temps-ci, l'église abbatiale Saint-Pierre, et le grand réfectoire, à la magnifique voûte de bois en arc brisé, où sont toujours pris les repas selon la "tradition du silence". Devant celui-ci est posée la mignonne chapelle en bois Notre-Dame-de-Caillouville-la-Neuve (drôle de nom), et s'égaillant sur l'herbe alentour, les tombes des moines enterrés ici, dont plusieurs récentes suite à l'irruption du COVID en 2020.

Dernier stop dans la ville de Caudebec-en-Caux, un curieux mélange d'ancien et de moderne. La grande église Notre-Dame (XVème) y côtoie la médiévale Maison des Templiers, à côté de quelques reliefs des fortifications de la même époque. Juste à côté, la partie reconstruite après la guerre, puisque la ville fut complètement détruite dès 1940, et à l'image d'un Havre, voisin proche, pourvue d'immeubles en enfilades, tel cet ensemble courbé joliment surnommé l'îlot Banane. Passant par les quais de Seine et la mairie, une promenade fait gravir le raidillon au-dessus de la ville pour aller profiter d'une vue d'ensemble sur la ville et jusqu'au Pont de Brotonne voisin.


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