Riviera albanaise sous influences
Après notre semaine corfiote, nous prenons le bateau, un hydroglisseur, pour un petit trajet d'une demi-heure jusqu'à en Albanie en face, où nous débarquons dans la grande ville de Saranda tout à fait au sud du pays. Après une récupération assez curieuse de notre voiture de location (papiers remplis en pleine rue, à la va-vite), une japonaise automatique bien plus agréable à piloter que celle que j'ai conduite sur Corfou, nous rejoignons en longeant la côte la station balnéaire de Ksamil. Nous atterrissons dans une petite ville en pleine effervescence, non pas du fait des touristes, encore peu nombreux en cette présaison, mais parce que partout des ouvriers s'affairent, des camionnettes circulent, des grues s'agitent, visiblement pour continuer de construire la station qui est en plein chantier, et cela bien que nous soyons un week-end. Dans le centre, ce sont des préparatifs destinés à accueillir les estivants dans un mois ou deux, et à la périphérie, de nouveaux hôtels ou restaurants en gestation, tandis que nous parcourons des rues et des chemins défoncés par ces travaux. Il est vrai que le cadre est beau, avec quelques îlots bordant le rivage, des plages plus ou moins artificielles, et la vue sur Corfou au large. Mais je n'ose imaginer ce que ce sera lorsque les hordes sauvages d'Anglais ou d'Allemands débarqueront, à la recherche de vacances pas chères...
En attendant, nous nous installons dans un hôtel récent (Sunway), sans prétention, mais confortable, à des tarifs doux (40 euros la nuit), où j'ai l'occasion de discuter avec "mon" premier Albanais, parlant un anglais impeccable, et même un peu de français. M'offrant l'apéritif, celui-ci, le sympathique fils des propriétaires qui ont fait récemment l'acquisition de cet hôtel, me raconte que Ksamil est en plein boom, que les affaires marchent bien, et que les taux de remplissage dans son hôtel ont pratiquement doublé par rapport à l'an passé. Il m'indique aussi que l'Albanie est un pays très sûr pour les touristes, à l'inverse de ce que nous racontait le matin même notre alarmiste hôtesse de Corfou, ce que nous confirmerons après notre dizaine de jours dans le pays, et que le melting-pot qu'est le pays, entre islam et christianisme (catholique et orthodoxe), entre influences grecque, italienne, turque, fonctionne sans anicroches, vision un peu idyllique au départ, mais qui ne semblera finalement pas si fausse que cela. Le soir venu, nous dînons dans le fort bon restaurant Guvia, avec vue sur le port, produits de la mer (moules et linguines aux fruits de mer) et service empressé.
Parcourant Ksamil juste avant un nouvel orage, nous longeons une route toute neuve ponctuée de lampadaires dernier cri, une belle plage de sable où transats et parasols attendent les amateurs de farniente (et le soleil), des bars branchés et des constructions bancales, et un assemblage de statues folkloriques qui ont quand même un petit air de réalisme post-communiste.
Le lendemain matin, nous quittons cette ville en mutation pour retrouver l'atmosphère calme du site archéologique de Butrint, le plus réputé du pays, qui regroupe des ruines des nombreuses civilisations passées par là, des Grecs et Romains jusqu'aux Ottomans et Vénitiens. Celles-ci s'éparpillent dans la verdure, car le site, au bord du canal de Vivari, est enfoui dans une forêt, de laquelle émergent ici et là des tours et des colonnades, des murs d'enceinte, un superbe théâtre antique, des thermes, jusqu'à un château plus récent perché sur la colline, et où un petit musée rappelle les origines des lieux. Ce site étonnant, bien caché, mêlant végétal, minéral et aquatique, vaut bien le détour, si différent des sites grecs souvent écrasés par la chaleur dans une gangue d'herbe sèche jaunie.
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