Du côté d'alter-Die
Après notre week-end ardéchois du 1er mai, je traverse le Rhône pour une prolongation en solo dans la Drôme. J'ai jeté mon dévolu sur la petite ville de Die comme camp de base. Die, qui me rappelle mes années de coopération en Algérie, au cours desquelles j'avais côtoyé un couple originaire de cette ville, qui m'en vantait les charmes. J'étais d'ailleurs allé leur rendre visite à Die peu après, sans que cela ne soit resté dans ma mémoire cependant ...
Première impression le soir du 1er mai, tandis que je vais faire une balade vespérale dans le centre, où s'achève la fête organisée pour l'occasion. Beaucoup de monde, surtout des jeunes, dans les rues, tandis que l'animation qui clôt les festivités se pose sur les murs de la Cathédrale Notre-Dame : y est projetée une création vidéo alliant images enregistrées et dessins réalisés en direct sur une tablette, tandis qu'un petit orchestre joue de la musique, disons expérimentale, qui me rappelle un groupe comme Magma il y a plus de 50 ans. Une ambiance assez inattendue pour une petite ville de 5000 habitants, mais qui se confirmera lorsque je parcourrai plus longuement Die le surlendemain.
De bon matin (enfin 9 heures, n'exagérons pas), je fais un tour complet de Die, une fois encore bien animée, il est vrai que c'est jour de marché et il y a foule pour faire ses emplettes sur la place de la République. En parcourant les rues de la ville, je m'aperçois qu'à Die s'est installée une culture alternative : bio-écolo, artiste, revendicatrice, voire zadiste. Cela transparaît à travers commerces et associations, une trilogie librairie/cinéma/théâtre, affiches et tags dans les rues, jusqu'à la lourde porte en bois de la sous-préfecture récemment brûlée par les manifestants, nombreux ici aussi, contre la réforme des retraites. En en discutant avec les propriétaires de la chambre d'hôtes, ceux-ci me confirment que Die est devenu au fil des ans un pôle artistique et contestataire, attirant des jeunes d'un peu partout, éduqués et cherchant une vie différente de celle des grandes villes, transformant un gros bourg endormi en une mini-métropole de la contre-culture. En tout cas, cela a donné de la vie et du peps à Die, qui paraît agréable à vivre, malgré les quelques excès inévitables dans ce genre de concept.
Un peu plus haut dans la vallée de la Drôme, il ne faut pas rater le village de Châtillon-en-Diois, négligeant la fameuse appellation "Plus Beau Village de France" qui cette fois n'engendre pas des boutiques de souvenirs ou des galeries branchées, ni des rénovations exagérées ou de riches résidences secondaires. Châtillon la médiévale a su rester authentique, bien cachée dans ses demeures de pierre. On flâne dans les "viols" (étroites ruelles en pente), sous les arches, devant les portes et les fontaines, le long des plantes qui émaillent le parcours. C'est tout pierreux, tout menu, tout mignon, c'est un magnifique village qui ne se laisse pas raconter et qui ne se la raconte pas, caché qu'il est avec les magnifiques parois d'Archiane en fond.
Comme toujours, je clos ma chronique par les lieux où j'ai dormi et mangé, à commencer par la chambre d'hôtes du Saule Rêveur, dans la périphérie de Die. Une petite chambre à l'étage dont il n'y a pas grand chose à dire, mais un accueil sympathique, un petit déjeuner très correct de produits maison (miel compris), et surtout une table d'hôtes de grande qualité, là aussi avec des produits locaux bien cuisinés : feuilleté au fromage, poulet au miel, glace à la fraise, arrosés de l'incontournable clairette et d'un syrah également du coin. C'est aussi l'occasion d'échanger (un peu) avec mes cothurnes, deux couples de motards atypiques, la soixantaine, viticulteurs dans le Var et chasseurs, assez rustiques. Et aussi un restaurant sur la place de la cathédrale, le Repère, loué par les guides, dans un joli cadre, mais où je dîne par défaut (nombreux plats absents), de tacos de bœuf, de poulpe frit, assez quelconques, finissant par un moelleux au chocolat un peu plus sympathique.
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