Haut Perché !

En me rendant pour une nouvelle formation dans ce coin du Perche, je ne doutais pas que j'allais me trouver près du point culminant de tout l'ouest de la France. Soit, il ne s'agit que de 416 mètres d'altitude, mais cela reste plus haut par exemple que le Menez Hom breton (329 mètres). Pour marquer le lieu, une tour, le Belvédère des Avaloirs, a été édifiée à cet endroit, culminant elle-même à 18 mètres du sol. C'est un peu perdu, en pleine forêt, avec un large chemin d'accès en forme de tranchée dans la forêt omniprésente, dont on apprécie l'étendue depuis le sommet du belvédère, et dans lequel on peut en apprendre davantage sur les faune et flore locales grâce à des panneaux ponctuant la montée des marches. Pour agrémenter un peu le béton, une jolie fresque de Seb Toussaint orne les parois de la structure.

Non loin de là, nous sommes dans les Alpes Mancelles, nom un peu ostentatoire pour le modeste relief qui moutonne sur les champs et au travers des bois. Le petit village de Saint-Céneri-le-Gérei est posé au milieu de ces collines, aux confins de l'Orne et de la Sarthe, et mérite qu'on s'y perde (un peu) dans les "montagnes" percheronnes. Cent douze habitants, un pont en pierre qui enjambe une boucle de la Sarthe, et surtout une relation avec des artistes qui y séjournèrent et le peignirent, les plus connus étant Camille Corot et plus récemment Bernard Buffet. Au milieu du village, l'Auberge Moisy les accueillit et conserve encore des toiles de certains, ainsi que quelques peintures murales.

Descendant de la petite éminence sur laquelle le village est perché l'on redescend vers la boucle de la Sarthe que l'on peut longer dans son écrin verdoyant. On passe devant la chapelle du Petit Saint-Céneri, fièrement plantée au milieu de sa prairie depuis six siècles, édifiée en l'honneur du Saint local, Céneri, un ermite italien qui vécut ici au VIIème siècle, y créant un monastère. A l'intérieur, très sobre, une belle charpente en châtaignier, une statue naïve du saint chapeauté, et une pierre de granit qui aurait servi de lit à Céneri. Une ambiance de calme et de retenue s'en dégage, à l'écart des habitations.

Dans le charmant village (encore un estampillé Plus Beau Village de France) se succèdent au fil des ruelles de belles maisons en pierre, bien fleuries en ce printemps ensoleillé. Les lieux sont tranquilles en cette période, juste un groupe d'ados encadrés qui font du sport le long de la rivière, et je me pose pour le déjeuner à l'Auberge des Peintres, une bonne andouillette dans mon assiette, et une ouverture parfaite sur la petite place qui marque le carrefour central du village.



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