Maun et Okavango

Nous avons atterri au Botswana, dans la petite ville de Maun, qui tient lieu de capitale touristique du nord du pays, point de départ de l'essentiel des circuits touristiques. Ce sera aussi notre camp de base, pour faire un premier tour dans le delta de l'Okavango, puis pour aller ensuite explorer plus à l'est les Pans.

Dès le premier matin, nous sommes cueillis dans notre B&B pour aller explorer ce fameux delta de l'Okavango, naguère sillonné par Nicolas Hulot, et y passer la journée. Notre 4x4 nous emmène d'abord par une mauvaise piste jusqu'aux confins du delta. Nous traversons auparavant le village de Morutshaqui a l'air bien endormi, quelques huttes, une sorte d'école, et dans lequel nous déposons deux jeunes Botswanais qui faisait du stop à l'entrée de la piste menant à leur village : que peuvent-ils bien y faire ?

Entrant dans le parc naturel qui englobe le delta, nous nous retrouvons au "port" des mokoros, où une vingtaine de personnes attendent leurs clients. Le mokoro est la pirogue locale, qui est mue par leur pilote à l'aide de perche, à l'image des barques du Marais Poitevin ! Il est vrai que les fonds ne sont guère profonds, pas plus d'un mètre en général, surtout en période de sécheresse comme en ce moment. Nous semblons être les seuls à embarquer avec notre guide, croisant cependant plusieurs autres mokoros, chargés de vivres et de bagages, apparemment destinés à un lodge accessible seulement par cette voie aquatique. Au moment de partir, le guide nous avise que nous allons devoir changer notre point de départ, car un hippopotame s'est déplacé sur le trajet de notre mokoro : on ne plaisante pas avec ces animaux qui semblent débonnaires, mais peuvent être fort dangereux si on les dérange sur leur territoire.


Nous sommes assis dans notre pirogue au ras de l'eau, celle-ci affleurant d'une dizaine de centimètres, guère plus, au-dessus de la surface. Heureusement, celle-ci est parfaitement lisse, aucun remous ou courant ne venant troubler son uniformité. Nous sommes seuls désormais, le calme est royal, juste troublé par quelques cris d'oiseaux, et nous glissons au milieu de ce paysage d'aube de l'humanité dans une quiétude absolue. Mais pas question de nous endormir sur nos sièges, il y a tant à voir autour, des oiseaux surtout de toutes tailles et de toutes les couleurs, que je mitraille avec mes appareils photos en bandoulière : pélicans, guêpiers, cigognes noires, ibis sacrés, grèbes, etc... Par contre, on ne voit guère ce qu'il peut avoir sous cette eau sombre, quels poissons, batraciens, ou autres reptiles y habitent, mystère … Mais pas d'hippopotame ou de crocodile, on nous rassure, l'eau est trop peu profonde pour leur permettre de se mouvoir.

Après une bonne heure de navigation, nous arrivons sur une des nombreuses îles enserrées dans le delta. Après avoir halé le mokoro sur la rive, nous partons, toujours avec notre guide, pour une balade à pied. Nous lui avons indiqué que nous aimions marcher, et nous voilà partis pour une heure et demi, ce qui sera la plus longue marche de tout notre safari botswanais : en effet, il n'y a pas de fauves dans le coin, et nous pouvons sans risque nous mouvoir en dehors d'un véhicule. Nous rencontrons pourtant de la vie sauvage, plus que nous pouvions l'imaginer au vu des paysages qui paraissent au premier abord dépourvu de présence animale. Nous commençons par débusquer une escouade d'impalas, puis notre guide voit au loin un éléphant : évidemment nous ne voyons rien avec nos pauvres mirettes occidentales, il nous faut les jumelles ! Pas pour longtemps, car le bestiau fait partie d'une troupe d'éléphants qui traverse tranquillement l'île, se rapprochant de nous. Notre guide, attentif, nous fait attendre à l'ombre sous un arbre, invisibles des pachydermes, s'assurant aussi que nous ne sommes pas sous le vent : on n'est jamais trop prudent. En effet, le défilé passe à quelques dizaines de mètres de nous, un retardataire s'approchant même un peu plus, nous ignorant avec superbe. Nous sommes tout excités par cette première rencontre avec l'animal emblématique du Botswana, mais nous en verrons bien d'autres durant notre séjour, de plus près, pourtant jamais à pied et avec cette impression d'empiéter sur leur territoire.

Après un pique-nique copieux, et partagé avec notre guide, nous repartons au fil de l'eau, avec toujours cette impression de calme et de volupté, jusqu'à notre embarcadère où il n'y a désormais plus âme qui vive, juste quelques hippos qui somnolent au ras de l'eau. Nous sommes de retour au Discovery B&B, à une dizaine de kilomètres du centre de Maun, sous les arbres. C'est un bel endroit, construit dans le style du pays, avec des rondavelles (huttes rondes) confortables pour dormir, flanqués d'une douche en plein air, comme d'ailleurs quasiment partout où nous nous poserons, une salle ouverte pour les repas, un espace "coin du feu" pour l'ambiance campement le soir. Il est tenu par un couple de sympathiques Néerlandais, installés ici depuis une dizaine d'années, qui emploient une dizaine de Botswanais pour cuisine, ménage, entretien ou gardiennage. Je discute un peu avec la gentille Carol qui s'occupe de l'accueil, elle me parle simplement de son quotidien, de son travail, de ses enfants.

Le matin, le petit déjeuner est servi en compagnie de calaos à bec rouge, tisserands, choucadors et colious huppés, qui font le spectacle en s'attaquant aux graines et pommes qui leur sont proposés en guise de breakfast. Le soir, le repas est servi à tous les hôtes réunis autour d'une grande tablée. Nous avons droit à plusieurs plats, souvent locaux, concoctés par une ronde cuisinière toute fière de nous détailler ses réalisations ; c'est très bon, et nous nous régalons : potirons sous différentes formes et patates douces locales en légumes, spécialités botswanaises, seswaa ou papa chakalaka, sans oublier le gâteau du jour, plus style européen.

Nous pouvons à l'occasion de ces diners que nous prenons en commun discuter avec les autres voyageurs, échangeant sur ce que nous avons vu ou ce que nous allons découvrir : certains viennent de Namibie, d'autres font comme nous un petit tour de Botswana, la plupart circulent et campent dans ces gros 4x4 Toyota qui intègrent une tente sur le toit. Nous échangeons ainsi avec des Français et des Allemands, les plus représentés lors de cette étape à Maun

Le dernier jour, nous rejoignons l'aéroport de Maun pour rejoindre en avion-taxi, la compagnie Mackair, dans un zinc d'une dizaine de places qui nous fait survoler l'Okavango, dans des tons jaunes pour les parties les plus chère, et verts quand un bras de rivière sinue en dessous de nous : c'est spectaculaire et magnifique !


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