Escale gourmande à La Rochelle


Un "midweek" fin mai m'emmène à La Rochelle pour changer un peu de la grisaille parisienne. Quand j'arrive le mercredi midi, ce n'est guère mieux sur les bords de l'Atlantique, et un crachin très breton sévira toute la journée sur la ville. Qu'à cela ne tienne, je vais profiter des bons produits que recèle la métropole charentaise. Je commence par un tour à la brasserie artisanale Les Spécialistes à Lagord, dans les quartiers nord de la ville, un grand espace où sont brassées quelques bonnes bières, et où je fais recave de "mousses" du coin pour ma consommation locale, en profitant au passage pour tester au comptoir une bonne NEIPA "Fuzz" à la pression. Un peu plus tard, en revenant du centre ville, sur la rue Gambetta, je teste le bar à vin des Bons Vivants, un endroit sympa avec quelques tables en terrasse, malgré le temps maussade, où je déguste en apéro un verre de muscat "petits grains" de Minervois, un vin orange obtenu par saignée, original, à la saveur subtile. Le surlendemain, au soleil cette fois, dans un rade accolé au marché, Le Chabi, mon viognier est moins accrocheur, mais la perspective sur les ruelles pavées flanquées de belles maisons de pierre tout autour, dans lesquelles la foule du week-end commence à se presser sous le soleil revenu, vaut de se poser et de profiter de l'ambiance.

Au marché donc, je fais mes rituelles emplettes alimentaires, chez le volailler Stef aux produits alléchants, et qui fait toujours le plein auprès de ses clients réguliers ou de passage, dans la boutique italienne, où je jette cette fois mon dévolu sur des arancini, ou encore la charcuterie Pannetier qui propose des boudins noirs fameux. Un peu plus loin, rue du Pas du Minage, je ressors avec lasagnes au pesto et beignets de fleurs de courgette de chez Pastavino.

Côté dessert, je reste fidèle à mes deux pâtissiers préférés : d'abord Théo Chéreau, rue du Minage, qui a pris la position de pâtissier n°1 de la ville, avec ses gâteaux aussi beaux que bons, comme en témoigne mon "galet breton", aux teintes bleues et grises, et aux saveurs de praliné pécan. L'autre vient de s'installer rue des Cloutiers non loin de là, Binôme, et commence à être connu lui aussi, avec des produits de grande qualité, comme le flan à la vanille à la consistance parfaite, simple et de bon goût.

Une autre escale rituelle en face du marché est pour me réapprovisionner en café en grains, qualité bio, avec cette fois du moka limu et du mexicain. Un peu plus loin, sur le vieux port, vient d'ouvrir la nouvelle échoppe de Tonton Maboul, le glacier des Minimes, qui vient chasser sur les terres de son concurrent Ernest, avec ses crèmes glacées et sorbets de qualité, concoctés à partir de matières premières soigneusement choisies (cette fois, je m'offre une trilogie de sorbets fraise - orange sanguine - pomme vanillée), que je déguste en face des trois tours qui se dresse à l'entrée du port.

Et comme il n'y a pas que l'estomac dans la vie, je nourris aussi un peu mes oreilles, et mon cerveau, un soir, au café théâtre de l'Azile, où est proposé une fois par quinzaine le jeudi soir, un concert de blues. La petite salle de 200 personnes est complète plusieurs semaines à l'avance, mais j'ai la chance de profiter au dernier moment d'une défection, me permettant d'assister au spectacle de Tom Holland, un Américain de Chicago, accompagné pour l'occasion d'un batteur et d'un contrebassiste français. Le bougre, un chapeau vissé sur son crâne chauve, gratte diablement bien de sa guitare électrique, chantant et jouant des standards du blues durant plus de deux heures et demie, nous emmenant jusqu'aux alentours de minuit avec son riche répertoire.

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