Le "pan" de suricates


Après notre séjour à Boteti, nous continuons vers l'est, repassant devant les assemblées éléphantesques de la A3, jusqu'à Gweta, zigzaguant sur la fin entre les nids de poule qui parsèment la route. De là, un bout de piste nous emmène jusqu'à notre lodge du Planet Baobab. Il porte bien son nom, car notre bungalow tout rond et charmant est situé au pied d'un bosquet de plantureux baobabs. Une belle piscine ronde s'offre à tous, l'après-midi est à nous, et nous allons buller autour d'elle, faisant même trempette pour l'occasion.

Le lendemain, lever encore plus matinal que d'habitude, 5 heures du matin, car il va nous falloir plus d'une heure pour rejoindre le territoire des suricates. Les suricates, alias meerkats en anglais, sont des sortes de mangoustes, en plus rigolo : pour mieux les situer, voyez donc le personnage de Timon dans le dessin animé du Roi Lion ! Nous avions échoué à en voir en Namibie, cette fois, leur découverte est bien organisée, d'autant que nous arrivons juste après le lever du soleil, à l'heure où ils sont actifs, cherchant avec assiduité leur nourriture. Notre guide est en relation par talkie-walkie avec un collègue, qui les a repérés et les suit pour nous indiquer leur position. Il y en a bien une trentaine qui gambadent de concert, et fouissent énergiquement le sable : c'est open bar pour chercher des larves blanches, bien charnues et croquantes, qui sont leur plat préféré. Le suricate creuse avec précision là son odorat puissant a senti une proie, dégage avec une rapidité impressionnante un trou et extrait avec délectation sa friandise qu'il engloutit illico.

Une autre caractéristique du suricate est de temps en temps se dresser sur ses pattes de derrière, le plus haut possible, sur un monticule si possible, tournant la tête de manière rapide et saccadée, histoire de repérer s'il n'y a pas un prédateur dans les parages (chacals, oiseaux de proie notamment). Ce sont les individus repus qui jouent en général ce rôle de sentinelle. Et comme ils sont d'humeur joueuse et ne craignent pas les humains, ceux-ci peuvent jouer le rôle de promontoire pour augmenter leur hauteur de surveillance et mieux scruter les alentours : c'est ainsi qu'un photographe de notre groupe, allongé pour prendre ses clichés, se retrouve pourvu d'un couvre-chef vivant pour le moins original.

Nous passons ainsi plus d'une heure à observer et accompagner ces étonnants animaux, sympathiques comme tout, et pas farouches pour un sou. Après avoir pris notre petit déjeuner sur une table dressée à côté du 4x4, nous reprenons notre véhicule pour rejoindre un peu plus loin le Pan Nwetwe : c'est une cuvette salée, complètement à sec (mais il y avait une bonne cinquantaine de centimètres d'eau il y a quelques mois), dans laquelle on a l'impression d'avoir été transporté sur une autre planète. Une étendue craquelée, d'un gris rosâtre qui tranche avec le bleu du ciel qu'elle rejoint loin, à l'horizon. Il n'y a pas âme qui vive, et si l'endroit est assez étonnant, il n'y a pas grand chose à y faire, d'autant que marcher sans but dans cette immensité n'aurait pas beaucoup de sens. Nous prenons quelques photos, avant de nous en retourner vers notre lodge.

Sur le chemin du retour, nous croisons quelques animaux, dont un groupe d'autruches - nous n'en verrons finalement que peu au Botswana. Nous nous arrêtons aussi pour admirer un très vieux baobab, plusieurs centaines d'années au moins, qui trône seul et solennel au milieu de la savane, et que nous avions vu ce matin en premier plan du lever de soleil. Il est aussi remarquable par son écorce, qui ressemble à un formidable bouclier ou à une peau d'animal fantastique, comme par ses racines, qui parcourent des kilomètres sur le sol et en dessous pour aller chercher loin l'eau dont il a besoin. Nous croisons aussi plus loin un attelage étonnant, deux hommes dans une caisse à savon estampillée "Isuzu", sans doute extraite d'une camionnette de la marque, le tout tiré par un âne.



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