Chobe aquatique
Comme à l'accoutumée, nous repartons dans l'après-midi pour la balade du soir à la recherche de notre bestiaire du jour. Nous aurons encore une fois notre comptant (contents) de fauves. Tout d'abord, un léopard, bien plus discret que ceux vus la veille : de fait, de l'animal somnolant bien caché dans un arbre feuillu, nous ne voyons que deux pattes pendant de part et d'autre d'une grosse branche, et un bout de queue ! En toute fin de sortie, alors que le soleil s'est couché et que nous rentrons au camp, dans la semi obscurité du crépuscule, nous tombons sur une famille de lions : lion et lionne, accompagnés de deux lionceaux (cubs) qui se promènent tranquillement à découvert. Ce sont les premiers lionceaux que nous apercevons et pouvons ainsi ajouter à notre "tableau de chasse", avant de rentrer en quatrième vitesse pour éviter que les portes du parc ne soient fermées.
Auparavant, nous avons profité d'un arrêt apéro prolongé, sur une plateforme surplombant la rivière, devant un ixième coucher de soleil, et un convoi d'éléphants défilant sur fond de soleil rougeoyant disparaissant à l'horizon. Un peu plus tôt, nous avons droit à une démonstration de position désaltération pour une girafe : la difficulté qu'elle a, et le temps qu'il lui faut pour ce faire, d'écarter ses longues pattes de devant, puis de courber son cou vers l'eau, tandis qu'une voisine surveille les alentours, laissent à penser que le "Créateur" n'a pas pensé à certains détails pratiques au moment de la conception !
Le lendemain, nous partons toute la journée pour une expédition le long, puis sur la rivière Chobe. Contrairement à celles de Boteti, Khwai ou Savuti, celle-ci, alimentée par le Zambèze voisin, reste bien pourvue en eau, ce qui rend son paysage différent de ceux, très secs, parcourus jusqu'à présent, et fait que la faune aussi est un peu plus variée. Nous commençons par notre ration quotidienne de big cats, en retrouvant le couple lion / lionne vu la veille au soir, mais sans leurs lionceaux sans doute laissés à l'abri dans les fourrés. Les deux fauves se promènent au soleil levant, puis s'installent non loin de la rivière. Plus tard dans la matinée, nous verrons notre cinquième léopard du séjour, traversant la piste : nous sommes inquiets de le voir boiter bas, mais le guide nous rassure en nous précisant qu'il s'est sans doute enfoncé une épine dans ses fragiles coussinets, mais que cela ne l'empêchera point de chasser et de s'en remettre.
Nous croisons aussi des bêtes pas beaucoup aperçues jusqu'alors. Tout d'abord de grands troupeaux de buffles, les mâles avec leurs imposantes cornes, souvent chevauchés par des oiseaux pique-bœufs qui les débarrassent de leurs parasites. Puis plusieurs crocodiles se prélassant sur la rive, dont deux en particulier, agressifs, nous proposent un impressionnant simulacre de combat, les gueules larges ouvertes.
Ensuite une divertissante colonie de babouins, au bord de la rivière : deux jeunes singes jouent ensemble à saute-mouton, je devrais dire saute-babouin. Nous voyons aussi des mangoustes, naines et à queue blanche.
L'après-midi, changement de moyen de transport, après un pique-nique rapidement avalé sur l'aire de Serondela. Un bateau transportant une dizaine de personnes nous emmène faire un tour sur le Chobe, en compagnie de six Allemands d'un âge certain, nombreux dans cette partie du pays, plus accessible pour un tourisme plus confortable ; c'est open bar sur le beau, et ils font honneur à leur réputation en descendant moult cannettes de (médiocre) bière locale. Notre promenade est agréable, même si cela ne vaut pas la tranquillité des sorties en mokoro. Nous voyons pas mal d'oiseaux aquatiques : cormorans et spatules, aigles pêcheurs et anhingas, marabouts et grandes aigrettes, et un superbe héron bleu qui s'envole devant nous. Toujours des buffles, paissant sur les îles humides posées entre Botswana et Namibie, et des crocodiles : un très gros qui doit bien faire quatre mètres de long, près duquel nous passons, se jette dans l'eau avec soudaineté, montrant la rapidité de déplacement que ce reptile peut avoir, méfiance quand même, ne pas laisser traîner sa paluche dans l'eau !
Nous croisons aussi un éléphant qui nous fait une démonstration des capacités de nager que possède l'animal, qu'on ne lui soupçonne pas a priori : il s'enfonce dans la rivière, seul le haut de son corps restant émergé, avant de ressortir plus loin, curieusement marqué par sa ligne de flottaison qui le rend bicolore gris clair / gris foncé.
Comme nous sommes dans une région assez peuplée en bord de rivière, nous croisons en plus des animaux des humains, notamment des pêcheurs, sur leurs pirogues (mokoros), jetant leurs filets sur les rives du Chobe.
Depuis plusieurs jours, une épaisse fumée a envahi le ciel, et une odeur forte de brûlé l'accompagne. Sur le chemin du retour, le long de la grande route qui rejoint Kasane, la grande ville du nord, nous pouvons nous rendre compte de ce qui se passe, des broussailles qui prennent feu avec la chaleur. Mais cela reste heureusement limité, les flammèches restent petites, épargnant les arbres, ne traversant pas la route, et les animaux s'en accommodent. Nous voyons ainsi un troupeau de lechwes, de grosses antilopes bicolores, aux cornes bien droites comme les onyx du désert ; et aussi une hyène, qui a trouvé refuge dans une petit tunnel en béton passant sous la route.
Le soir, nous déjeunons à de grandes tablées avec les autres clients du lodge. Les Allemands festoient entre eux, et nous échangeons avec d'autres convives, comme un couple d'Espagnols en voyage de noces, cet autre d'Anglais plus âgés "british" jusqu'à la caricature. Comme un guide est convié à chaque tablée, nous pouvons discuter avec deux d'entre eux : le premier nous narre les études qu'ils doivent faire pour obtenir ce job convoité, traitant de la vie et des habitudes de la faune sauvage, mais aussi de la conduite des 4x4 et de mécanique, ainsi bien sûr que la maîtrise de l'anglais, voire d'autres langues (le français en tête de liste). Le second est un fan de foot, supporter depuis son plus jeune âge de Manchester United, et dont le rêve est de voyager en Europe pour voir son équipe jouer à Old Trafford ! Beaucoup se passionnent surtout pour l'athlétisme (qui est aussi mon sport préféré), depuis que le Botswana est devenu un pays réputé sur le sprint court, ayant même quelques jours avant que nous n'arrivions, conquis le titre mondial sur 4x400 mètres aux Bahamas.
Commentaires
Enregistrer un commentaire