Cagliari d'en haut en bas

 

Vacances d'août en Sardaigne cette année, et c'est par la capitale Cagliari que nous arrivons. L'atterrissage au soleil couchant est spectaculaire, l'appareil survole la ville avant un large virage sur l'aile au-dessus de la mer et l'atterrissage à Elmas en rasant les lagunes rosées qui jouxtent la ville et son aéroport.

Si nous ne nous attardons pas en cette veille du 15 août, nous passons un peu plus de temps à Cagliari au retour, avant de nous envoler pour Paris. Nous la rejoignons par des faubourgs presque bucoliques, avant de prendre la grande avenue qui amène au centre, quasi déserte en ce samedi après-midi. Notre petit hôtel (Neko) est bien placé, non loin du vieux Cagliari, dans un style moderne branché assez sympa. Nous repartons aussi sec à la découverte de la ville. D'abord le quartier récent de San Benedetto, conçu dans les années 1930, larges avenues et immeubles élégants, aux tons pastels et aux angles droits, ouvrant souvent sur des squares arborés. Juste à côté, c'est le quartier de Villanova, plus ancien et faisant partie des quartiers historiques, niché juste en dessous des remparts de la ville médiévale. C'est sans doute celui qui nous a le plus emballés à Cagliari, avec ses rues étroites, sans trafic automobile, ses coquettes maisons colorées sur deux ou trois niveaux, son abondante verdure, arbustes et fleurs, qui égaie les rues. Les habitants doivent être heureux d'y vivre, même si la gentrification est à l'œuvre, tout comme la prolifération des locations de vacances à laquelle nulle ville ne peut échapper de nos jours.

 

Puis nous grimpons vers le Castello, perché sur son promontoire, ceint de solides fortifications et dominant la ville. Depuis la porta Sa Avanzada, le point de vue sur les marais avec la montagne en toile de fond vaut de s'y arrêter quelques instants. Nous passons devant la citadelle des musées, déjà parcourue il y a 10 ans, pour rejoindre par l'étroite rue Nicolles la place allongée qui regroupe Cathédrale Santa Maria et Ancien Hôtel de Ville, devenu lieu d'exposition. Depuis la petite place typique en contrebas, où nous buvons un coup, les marches s'élèvent quasi verticales vers la somptueuse façade baroque et blanche de la cathédrale. Nous finissons sur la vaste esplanade du Bastion Saint Rémy, où l'on embrasse cette fois le port de Cagliari et la mer plein sud.


Depuis le Bastion Saint Rémy, nous redescendons vers le quartier bas du port et de la marina. C'est là que les touristes se donnent rendez-vous et flânent le long des rues et sur le front de mer. Rien de bien folichon à vrai dire, si ce n'est les larges arcades qui offrent un peu d'ombre à proximité de la Méditerranée. Le soir de ce dernier jour sarde, nous comptons trouver un bon resto pour finir en beauté. Mais c'est sans compter sur la foule du samedi soir, visiteurs et locaux s'additionnant pour remplir les rues de la ville, contraste étonnant avec l'après-midi quasi désert, et cherchant où prendre l'apéro et ensuite dîner. Nous comprenons vite que notre plan est mis à rude épreuve, les terrasses sont blindées et nos demandes se heurtent à un "Ha prenotato ?" (avez-vous réservé). Après avoir tourné quelque temps, nous dénichons un peu à l'écart un bar à vins (Binuteca Gocce di Nicchia) avec quelques tables, dans lequel le volubile patron nous accepte et propose des plats simples. Ce n'est pas exactement ce que nous visions, mais l'ambiance est sympathique, les verres bien remplis, et nous pouvons échapper au pique-nique dans notre chambre d'hôtel un moment envisagé comme dernier repli. Je m'octroie dans la foulée une dernière gelato chez un excellent tout petit glacier, Gli Stefini (mmm celles à la pistache ou au zabaione).

Le lendemain, un trajet sans histoire nous mène à l'aéroport pour rendre notre Nissan, sans incident cette fois, où nous traînons en attendant notre Hop pour Roissy. L'essentiel des vols sont des Ryanair vers des métropoles européennes pour vacanciers lambda, mais nous croisons aussi un groupe de bonnes sœurs tout de blanc vêtues, en partance pour Rome certainement.

Les vues d'avion sur le vol de retour sont saisissantes, depuis le nord de la Sardaigne et le détroit de Bonifacio, le long duquel on peut deviner les célèbres falaises, jusqu'aux sommets enneigés des Alpes, dont l'impressionnant massif du Mont Blanc, dominant les lacs voisins d'Annecy et de Leman, en passant par la Côte d'Azur et Nice lovée devant la grande bleue.



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