Verdun sortie du vide


Cela faisait quelque temps que je me promettais d'aller faire un tour sur les douloureuses terres des Batailles de Verdun, lors de la guerre de 14-18. Deux jours de beau temps annoncés, 1 heure de train seulement pour rejoindre la Meuse, banco ! Le TGV qui continue vers Strasbourg nous lâche en rase campagne, quelque part à mi-chemin entre Verdun donc et la préfecture de Bar-le-Duc. Un bus-navette nous achemine ensuite en une demi-heure jusqu'à Verdun. Je loge dans un confortable appartement d'une vieille maison dans le cœur historique de la ville, non loin des rives de la Meuse. J'ai trop vu ces dernières années de villes moyennes abandonnées à leur triste sort, vivotant tant bien que mal, sans moyens, souvent situées dans cette fameuse diagonale du vide qui traverse l'Hexagone en partant justement de la Lorraine. Verdun, avec ses 17.000 habitants et son statut de sous-préfecture, aurait pu être un bon "candidat au vide", et pourtant, dès le premier coup d'œil, on voit plutôt une ville attractive, qui semble bien vivre, malgré ou sans doute plutôt grâce à son passé récent. Est-ce le tourisme qui la rend dynamique, des aides qui tombent en raison de son statut d'ex-ville martyre, ou tout simplement l'efficacité d'élus ou d'investisseurs locaux, difficile à dire. Mais le fait est que les commerces, bien achalandés, fleurissent, les restaurants semblent tourner même en hiver (le resto indien dans lequel j'ai dîné un mercredi soir de novembre, période peu propice s'il en est, était quasiment plein) et les quais de la Meuse appellent à la flânerie par une belle journée d'automne froide et ensoleillée. C'est justement par là que je commence, après un stop à l'Office de Tourisme, à l'accueil désinvolte, mais qui propose moult brochures sur la ville. Le premier endroit qui vous apparaît est le Mess des Officiers, devenu hôtel de luxe, un noble et massif bâtiment de brique et de pierre, construit en 1891 pour loger les nombreux officiers des garnisons militaires basées sur la ville, et qui se reflète dans les eaux calmes de la Meuse. Pratiquement en face, la Porte Chaussée (XIVème) avec ses deux tours jumelles, percée d'un passage, défend solidement depuis des siècles l'accès à la ville depuis l'autre rive. Depuis là s'ouvre le quai de Londres, esplanade aménagée le long de la Meuse, et regroupant restaurants et cafés, s'ouvrant sur la rivière où aux beaux jours, quelques bateaux proposent des excursions au fil de l'eau. Sur le côté s'ouvre l'avenue de la Victoire avec au fond le Monument à la Victoire et aux Soldats de Verdun, caractéristique des monuments martiaux qui ont célébré la victoire après 1918. Sur les remparts de l'ancien castrum romain, en haut d'une tour, un guerrier regarde vers l'est, surplombant la ville basse. 

Au fil de la balade, les yeux captent quelques pépites profitant du soleil pour se mettre en valeur dans le miroir de la Meuse, tel le pont-écluse de Sainte-Vanne depuis lequel se reflète la vieille ville, ou de belles maisons sur les quais, comme l'ancien théâtre.

Dans la vieille ville, la Cathédrale Notre-Dame est la plus ancienne de Lorraine, peut-être même de France, datant de 990. Souvent endommagée, maintes fois modifiée, elle a surmonté les graves dommages des bombardements de 14-18. Des vitraux signés Grüber sertissent les fenêtres, la crypte découverte lors de la reconstruction présente des chapiteaux retraçant les batailles de la Guerre, les galeries du cloître accueillent les statues les plus anciennes, restaurées elles aussi après les destructions. A côté, l'ancien épiscopal est devenu le Centre Mondial de la Paix (que je n'ai pas visité), qui célèbre les valeurs de la paix, des libertés, des droits de l'homme, à travers expositions, concerts, conférences... Quant à la Citadelle, j'en reparlerai dans la page consacrée aux batailles de Verdun.






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