New York Out of the Box, day 3 (Queens)
Troisième jour à New York. Nous continuons notre exploration périphérique de la ville. Aujourd'hui, ce sera direction Queens. Pour ce faire, c'est à nouveau à l'aide des ferries que nous nous y rendons. Depuis quelques années, la ville a mis en place plusieurs lignes maritimes qui sillonnent East River et Hudson, offrant une alternative au métro sans doute moins rapide, mais bien plus attractive pour les touristes que nous sommes. Il est de plus facile pour nous de rallier le point d'attache principal de ces lignes sur Manhattan, situé à Seaport au sud. Nous en profitons pour découvrir au passage ce nouveau quartier, développé autour des nouveaux quais (le Pier 17 avec ses restaurants) ou du Fulton Market dans une zone piétonne. Rien de bien particulier, surtout dans le calme matinal, mais quelques pâtés d'immeubles mettant bien en valeur là encore les anciens entrepôts ou bureaux du port, parcourus de rues joliment pavées et bordées de commerces branchés.
C'est l'heure de rejoindre le quai d'embarquement de la ligne "East River" qui va nous emmener au fil de l'eau jusqu'à Queens. Agréables bateaux pour voir Manhattan depuis l'eau, ni trop grands, ni trop petits, avec un deck au-dessus pour prendre un peu de hauteur et profiter d'une vue à 360° tout autour du navire. Celui-ci joue à saute-moutons entre les deux rives de l'East River, avec des arrêts sur Manhattan (Seaport donc, Midtown East) ou de Brooklyn (Dumbo, Williamsburg). Un trajet idéal pour apprécier les skylines des 2 boroughs sous différents angles. En arrivant sur Midtown, on guette les deux stars d'antan, le Chrysler et l'Empire State, sans doute les deux plus beaux aussi, qui ont de plus en plus de mal à se frayer un chemin et à pousser leur pointe entre tous ces nouveaux venus qui viennent encombrer l'horizon. Devant eux, le plus récent bâtiment des Nations Unies, ce parallélépipède emblématique lui aussi de la ville garde sa prééminence ; passant devant lui, nous apercevons une poignée de ce qui ressemble à des insectes collés aux parois, et qui s'avèrent être des laveurs de carreaux en train de procéder à un toilettage en règle de l'immense surface vitrée, quel travail en haute altitude !
Nous arrivons à la station "Long Island City", notre terminus dans Queens. Voilà encore un endroit qui est en train de bouger à vitesse V et de se gentrifier, comme beaucoup d'endroits stratégiquement situés en face de Manhattan. Des tours, ici d'habitation, et non de bureau comme sur la rive d'en face, poussent tout au long de la partie de Queens bordée par la rivière. Et les abords de celle-ci ont reçu un lifting bienvenu, se traduisant par des parcs ou terrains de sport au bord de l'eau, où des tripotées de gamins viennent jouer. Des bancs permettent de se poser pour profiter du panorama des gratte-ciel d'en face. Ont été gardés les deux enseignes caractéristiques des lieux, celle mentionnant le nom du quartier, Long Island, l'autre faisant de la réclame pour Pepsi Cola.
En s'enfonçant un peu vers l'intérieur, on retrouve un Queens moins sophistiqué, mais sans caractère particulier. On remarque simplement deux rues de brownstones assez coquets qui rappellent ceux que l'on voit beaucoup plus du côté de Brooklyn. Nous déjeunons dans un "dinner" typique sous le métro aérien : rien que de très classique, et pas vraiment gastronomique, mais l'ambiance banquettes rouges - tables en formica fait toujours son petit effet.
Après déjeuner, nous continuons notre exploration de Queens plus au nord, dans le quartier d'Astoria. Le changement de décor est radical par rapport aux nouveaux quartiers de Long Island. En sortant du métro, on croirait presque se retrouver dans un petit bout d'Europe retranscrit en Amérique. Nous sommes en plein quartier grec, avec quelques résurgences italiennes ou latinos. Ici, un resto propose moussaka, dolmades et retsina, là une église orthodoxe arbore fièrement les couleurs bleu et blanche du drapeau hellène, tandis que dans les petites maisons tout autour, un nom en -IS, un drapeau, une carte du pays à la fenêtre, rappellent que la diaspora grecque s'est bien implantée ici. Ayant rejoint le bord de rivière un peu plus loin, ce n'est pas la même ambiance qu'au sud, point de vista imprenable sur Manhattan, mais une île industrielle en face, quelques bretelles d'autoroute et deux ponts ne rendent pas les lieux très attirants, heureusement que la grand Astoria Park amène un peu de verdure et de quiétude aux environs. Quelques peintures murales, un parc garni de sculptures modernes, essaient de donner un peu de cachet au quartier, mais il y a encore du boulot. Et pourtant, on peut penser que les habitants vivent ici cachés et heureux, bien contents que les promoteurs immobiliers n'aient pas été attirés ici pour continuer à bouleverser la sociologie de New York.
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