New York Out of the Box, day 2 (Hudson Valley)
La balade le long de l'eau est agréable, à travers parcs récemment aménagés et marinas, des bâtiments récents se succèdent, signe là aussi que ce coin calme à distance raisonnable de New York attire son lot de résidents soucieux de vivre à la campagne bien que travaillant en ville. Et c'est loin d'être fini comme l'indiquent les chantiers et autres grues qui parsèment encore le paysage. On atteint plus loin le joli phare rouge et blanc de Sleepy Hollow, bordé de palissades heureusement égayées par des dessins, puis le parc de Kingsland Point, rougeoyant des feux de la foliation automnale. Puis c'est Philipse Manor, un autre quartier résidentiel, un cran au-dessus des ensembles longés au début de la balade, avec ses belles maisons de bois au milieu des arbres, dans une quiétude à peine troublée par le va-et-vient des écureuils.
Juste en face de Philipse Manor se trouve le fameux cimetière de Sleepy Hollow. Fameux car le théâtre d'un célèbre roman américain de 1820, la Légende du Cavalier sans tête, de Washington Irving, qui a ensuite donné lieu à plusieurs films, dont celui de Tim Burton. Si le lieu dans le roman est fictif, son nom fait évidemment référence à ce cimetière historique, attenant à la vieille église hollandaise de Tarrytown, et qui s'étend depuis plusieurs siècles sur une quarantaine d'hectares vallonnés. S'y trouvent d'antiques pierres tombales, des tombes plus récentes, jusque des mausolées imposants, où sont enterrés une ribambelle de personnages américains historiques (comme Elizabeth Arden, Walter Chrysler ou justement Washington Irving) ; la famille Rockefeller y possède même un cimetière où sont inhumés nombre de ses membres. Le contraste des austères pierres tombales avec les chatoyantes couleurs automnales des nombreux arbres qui parsèment les reliefs du cimetière, lui confèrent une atmosphère presque chaleureuse, et la balade à travers les chemins sinueux est belle sous ce soleil de novembre.
Retour dans le coquet village de Tarrytown, en déjeunant au passage dans une anachronique et goûteuse "Croqueteria" cubaine, avant de remonter dans le centre historique. Une rue principale, nommée Main Street bien entendu, un Musical Hall à la programmation intéressante, quelques commerces et cafés, dont celui qui nous régale d'excellents expressos, performance rare aux US. Il semble faire bon vivre ici, dans une quiétude simple, à quelques encâblures de la vie tourbillonnante de New York.
Nous retournons dans l'après-midi à Manhattan pour y passer la fin de la journée. Tout d'abord le nouveau quartier d'Hudson Yards, où les buildings bleutés ont poussé comme des champignons ces dernières années. Le lieu le plus connu en est sans doute ce curieux autre champignon qu'est le Vessel, construction alvéolaire en plein air, 16 étages et 80 paliers, une sorte de ruche jouant avec la lumière le soir, mais malheureusement fermée ces temps-ci pour des problèmes de sécurité (garde-corps trop bas).
C'est à Hudson Yards que se trouve l'extrémité nord de la High Line, cette voie verte, sur le modèle de celle qui traverse l'est parisien, devenue un des hauts lieux touristiques de New York. En s'y promenant, on y entend d'ailleurs presque autant parler français qu'anglais ! Il est vrai que les vues qu'on peut y avoir sur divers endroits de la moitié sud de Manhattan valent vraiment le trajet, l'occasion d'apprécier la variété qui s'exprime dans ce laboratoire architectural à ciel ouvert, tant les buildings qui ponctuent le chemin rivalisent en originalité et en efforts pour se différencier du voisin. Pourtant, habiter un de ces logements ne doit pas toujours être confortable, en plus de nécessiter un investissement conséquent : pas grave, nous ne faisons que passer, admirant aussi au passage le paysagement de cette High Line, remarquable avec ses plantations variées, parfois même exubérantes, son élégant traitement du sol et des rebords, ses échappées sur les rues vibrionnantes de la ville. Au bout des deux kilomètres et demi de la promenade, l'on achève la balade dans le quartier sympa de Meatpacking qui est devenu un des must de la ville, surtout le soir venu pour y dénicher restos et bars branchés.
Dernière activité de la journée, une soirée au Madison Square Garden, pour un match de NBA, le basket-ball pro américain, qui oppose les Knicks locaux aux champions en titre des Milwaukee Bucks. On circule d'abord dans les coursives, pour y acheter de quoi se sustenter parmi les nombreux stands, voire acquérir à prix d'or quelques colifichets estampillés NBA et Made in China. Un match au MSG est toujours un spectacle en soi (c'est mon 3ème match ici), avec un public chaud bouillant quand son équipe est au niveau. Ce qui sera en partie le cas ce soir, un début de match poussif (et un Frenchie des Knicks guère inspiré), puis une remontée fantastique en fin de partie jusqu'à revenir à égalité, pour voir la frénésie qui s'empare du public douchée par quelques 3-points de l'équipe visiteuse en dernière minute, mais au moins y aura-t-on cru quelques instants. Le spectacle est aussi autour du match. On a droit aux habituelles cheerleaders, ces danseuses qui occupent le parquet pour une chorégraphie endiablée, le temps d'un temps mort ou d'une mi-temps. Moins fun, une cérémonie pesante de célébration des anciens combattants américains (c'était le jour J), avec force lever de couleurs, salutations de drapeaux, claquements de talons, chants martiaux et discours ampoulés. Pas bien folichon comme spectacle, mais une célébration qui ravit une partie du public, toujours friand de ce genre de démonstration à la "America first".
Commentaires
Enregistrer un commentaire