Back to New York City

Retour outre-Atlantique : les frontières US se sont à peine ouvertes hier lundi 8 novembre que nous voici déjà dans l'avion pour New York, utilisant pour l'occasion les billets achetés il y a plus d'un et demi et reportés par la pandémie. Le prétexte de ces vacances sera celui de fêter les 60 ans de mon épouse, ainsi que les 30 ans de notre fille, puisque nous passerons cette semaine new-yorkaise en compagnie de cette dernière et de son compagnon. Je crains un peu les formalités d'entrée aux Etats-Unis. Risque-t-on un afflux de voyageurs européens en ce premier jour ? Les douaniers ont-ils perdu l'habitude de faire des contrôles ? Y aura-t-il des contraintes supplémentaires liées au Covid ? De fait, après un voyage confortable avec la petite "Compagnie" spécialisée dans la classe affaires, et après survolé la région des lacs du Nord New Jersey, le passage des formalités à l'arrivée à Newark est bien une formalité. Cinq minutes d'attente, un passage express à l'Immigration, avec une préposée pour une fois aimable, aucune question sur vaccination ou tests (tout a été délégué et vérifié au départ d'Orly par la compagnie aérienne), et nous voici déjà en dehors de l'aérogare, sous un ciel bleu unicolore. Le transport jusqu'à notre logement de Brooklyn, à l'opposé de la mégapole, ressemble à un peu à un parcours du combattant : trouver le bon bus qui nous amènera à Manhattan, tourner autour de Bryant Park à la recherche d'un taxi, pas si évident que ça, même en milieu d'après-midi, puis un long parcours en taxi dans les embouteillages new-yorkais, sous la houlette d'un chauffeur ivoirien, qui râle contre les autres conducteurs, et nous parle un peu, en français, de son itinéraire de vie. Nous voici enfin à Brooklyn, devant le brownstone qui va nous accueillir sept jours durant.

Lorsque nous avons cherché un logement pour ce début novembre sur New York, la recherche fut plus difficile qu'anticipé. Très peu d'offres intéressantes, ou alors à des tarifs prohibitifs. Nous qui avions nos habitudes dans Brooklyn en lisière de Manhattan devons nous éloigner un peu pour trouver un logement accueillant 4 personnes. Ce sera à Bedford Stuyvesant (Bed Stuy pour les intimes), plus à l'est, mais non loin de la ligne de métro A/C qui pourra nous emmener fissa vers le centre ville. Le quartier est disons hétérogène. La grouillante Fulton Street sur laquelle débouche le métro est populaire, essentiellement noire de population, bordée d'échoppes bon marché et de fast food. Deux blocs plus loin, le climat change : des rangées de beaux "brownstones" s'alignent, parfois en pleine réfection, et l'on retrouve l'ambiance plus feutrée des beaux quartiers de Brooklyn. Le quartier est en pleine mutation, la population exclusivement noire jusque là se diluant progressivement avec l'arrivée d'habitants fuyant la spéculation immobilière et les prix délirants plus à l'ouest. C'est le cas des propriétaires du brownstone que nous louons, et qui s'avèrent être des Français, installés à New York depuis une dizaine d'années : un couple travaillant sur place (lui dans la communication, elle chez L'Oréal, où j'avais failli être recruté il y a 15 ans) avec ses 2 enfants, qui ont acheté à Bed Stuy il y a peu. Ils louent le rez-de-jardin, un des quatre niveaux de leur maison mitoyenne toute en hauteur, à des visiteurs de passage. C'est un appartement assez spacieux, surtout pour les critères new-yorkais, un peu sombre - pas grave, la nuit tombe tôt en cette saison - et plutôt agréable, où nous ne passerons pas beaucoup de temps de toute façon, juste y prendre le petit déjeuner et parfois le dîner. Nous voilà réunis en ce lundi soir, les enfants ayant transité par JFK (et Francfort !) pour arriver à peu près en même temps que nous. Quelques courses de subsistance pour les jours à venir, nous ne ressortirons pas le soir venu (jet lag oblige), l'exploration des restos branchés qui commencent à se développer dans le quartier, ce sera pour un autre soir.





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