New York Out of the Box, day 1 (Staten Island and co)

Premier jour à New York. Nous nous levons tôt bien entendu, nous sommes revenus à 6 heures de décalage après les réajustements d'horaires d'hiver des 2 côtés de l'océan. Et comme nous commençons à bien connaître New York (c'est déjà mon dixième séjour à Big Apple), nous avons prévu durant ce séjour d'une semaine d'aller explorer des coins que nous ne connaissons pas ou peu, et de visiter un New York "Out of the Box", comme le titre de l'excellent guide touristique qui nous accompagnera durant ce séjour. Peu de Manhattan donc, sinon comme lieu de passage, mais plutôt les boroughs qui enserrent l'île centrale, Brooklyn bien entendu, Staten Island, Queens, Jersey City, jusqu'à la vallée de l'Hudson vers le nord.

Ce premier jour se lève sous un soleil éclatant, nous sommes chanceux. Dès potron-minet, nous voici dans le métro vers Manhattan. Nous sortons du complexe Fulton Center pour déambuler sous les hautes tours du sud de Manhattan, retrouvant l'atmosphère particulière de ces corridors étroits de bitume sous la canopée urbaine, écrasés par des blocs de béton qui s'élancent vers l'azur. La Freedom Tower, la remplaçante des défuntes Twin Towers, envoie son image sur notre rétine au hasard d'un carrefour. Nous continuons ainsi jusqu'à Battery Park d'où nous embarquons sur le ferry destination Staten Island, le grand borough rural au sud de la ville, le seul qui vote républicain soit dit au passage. Tandis que le ferry entrant déverse son flot de travailleurs en ce mardi matin 9 heures, celui qui repart est quasiment vide, normal, il n'y a quasiment pas d'emplois sur l'île. Même si l'on a déjà parcouru plus d'une fois ce trajet en bateau au sud de Manhattan, la vue est toujours magique et on s'en (re)prend plein les mirettes. Les hautes tours qui s'éloignent progressivement, la Statue de la Liberté et Ellis Island qui se profilent à l'ouest, les installations portuaires de Brooklyn de l'autre côté, et le trafic incessant sur et au-dessus de l'eau : ferries et remorqueurs, cargos et hors-bords, sans oublier les hélicoptères qui circulent sans arrêt pour transporter les riches et les pressés. 

Arrivés de l'autre côté, l'ambiance change d'un coup. Fini la gigue virevoltante de Manhattan, le bruit et la fureur, bienvenue au royaume des songes de Staten Island. Comme la plupart des habitants sont partis travailler (ou restent chez eux), les rues sont désertes, les quelques rares magasins commencent à peine à ouvrir, et les passants occasionnels sont surtout des policiers municipaux qui discutent le bout de gras pour passer le temps. Les alentours du terminal du ferry semblent bien calmes, deux ou trois promeneurs de chien autour des quelques immeubles d'habitation, avec vue imprenable sur Manhattan et le pont Verrazzano. A côté, des bâtiments en brique, sans doute d'anciens entrepôts ou bureaux maritimes, sont murés, en attente d'une reconversion qui reste hypothétique, et ils ressemblent pour l'instant plus à un remake du château de la Belle au Bois Dormant.

En quittant le bord de mer, on rencontre ce qui est sans doute le "vrai" Staten Island. Des maisons blanches sagement alignées, quelques peintures murales, des magasins banaux, des villas en bois envahies par la verdure, souvent habitées par des latinos comme en témoignent affichettes en espagnol et noms à consonance hispanique. Dans le downtown, à côté de l'Hôtel de Ville, il y a quand même un petit théâtre Saint George pour occuper les locaux le soir venu, lorsqu'ils ont retrouvé leur petit paradis ou ghetto, selon l'interprétation qui vous pourrez en faire. Plus tard, revenant le long d'une promenade guère aguichante avec des chantiers gâtant la vue et empêchant l'accès au front de mer, l'on rejoint  le mémorial aux victimes locales du 9-11, étonnamment nombreuses dans ce borough périphérique : il s'avère que pas mal d'employés du World Trade Center, mais aussi de pompiers ayant succombé dans l'effondrement des tours, habitaient la campagne new-yorkaise de Staten Island. Le mémorial est sobre et beau, deux ailes s'étendant pour ouvrir la vue sur les tours 
maudites de la ville au loin.

Retour à Manhattan. Il fait toujours aussi beau, et même chaud : nous sommes le 9 novembre et la température (à l'ombre) est de 22°C. Peut-être une preuve de plus de cet inquiétant changement climatique, mais la côte Est des Etats-Unis est aussi connue pour ses sautes de température. Nous en profitons en tout cas pour déjeuner au soleil, en T-shirt, sur une terrasse de Seaport, les quais récemment réaménagés de Manhattan Sud.

Nous reprenons l'après-midi le ferry pour aller nous balader au fil de l'eau du côté de Brooklyn cette fois. C'est l'occasion de visiter depuis l'extérieur le Brooklyn industrieux et industriel, les quais où l'on débarque les marchandises, les entrepôts où elles sont stockées, toute une vie manufacturière à mille lieues des habitations chic de Brooklyn Heights. Après cette instructive croisière, l'on reprend pied dans le Brooklyn civilisé au pied du Brooklyn Bridge. Bien que nous connaissions par cœur cet endroit, le Bridge Park, ses pelouses et terrains de jeux, le panorama incomparable sur Manhattan, avec en toile de fond la statue de Bartholdi, on ne peut s'en lasser et nous nous repaissons une nouvelle fois du panorama, enjolivé par la chaude lumière vespérale, les derniers rayons du soleil enveloppant d'orange les contours de l'horizon. 

Dernière balade la nuit tombée un peu plus haut, dans le quartier de DUMBO (Down Under Manhattan Bridge Overpass) : un centre commercial cossu dans un entrepôt en brique réhabilité, une collation dans un café branché, des photos de nuit avec pour cadre les 2 ponts qui se croisent presque au-dessus de nous, la ville illuminée en toile de fond. C'est beau, une ville la nuit, comme disait le regretté Léotard (Philippe, pas l'autre).


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