New York Out of the Box, day 5 (New Jersey City)

Nous continuons d'explorer la périphérie de la ville. Aujourd'hui, c'est vers l'ouest que nous prospectons, franchissant l'Hudson et la frontière de l'état pour nous balader dans New Jersey City. C'est juste en face du sud de Manhattan, et l'endroit connaît ces temps-ci une belle popularité, après avoir été boudé pendant des lustres. Pour s'y rendre, l'on doit passer par la nouvelle gare du World Trade Center, la station du PATH qui emmène ensuite vers NJ. L'ancienne station y fut détruite par les attentats du 11 Septembre, et une nouvelle gare, surnommée l'Oculus, y est inaugurée en 2016. Elle a été conçue par Calatrava, l'architecte espagnol à qui l'on doit entre autres une bonne partie de la spectaculaire Cité des Arts et la Science de Valence, ou la gare TGV de Liège. Cet Oculus est impressionnant, dans sa blancheur virginale, irradié par la lumière qui filtre par les travées de la voûte. Pas de fioritures, de plantes vertes ou d'eau qui coule, cela reste minéral, sobre, presque austère, fonctionnel, 9/11 oblige. Et c'est très bien ainsi, l'inévitable drapeau américain qui amène des couleurs incongrues est presque de trop. Les coursives au-dessus composent une galerie marchande qui sait rester discrète. On baigne ainsi dans un cocon enveloppant, presque sans un bruit, à mille lieues des autres gares bourdonnantes et désordonnées.

  

Un petit coup de métro (PATH) sous l'Hudson pour se retrouver de l'autre côté, vers Exchange Plaza. Des planches en bois nous emmènent sur un autre "Waterfront Walkway" avec bien entendu vue imprenable sur Manhattan en face. Ici et là des mémoriaux dont sont friands les Américains, pour célébrer les victimes locales du 9/11 ou celles du nazisme, puis une de ces enseignes publiques, publicité autrefois, marqueurs urbains aujourd'hui : c'est ici une horloge Colgate qui répond à Pepsi Cola de l'autre côté de la ville.

  

Evidemment, des tours ont poussé ici comme partout ailleurs, empilant les habitants désireux de rester à un jet de pierre de Manhattan. Un port de plaisance est un indicateur de plus du niveau social qu'ont souvent les gens qui viennent se loger ici. Et pour les plus fortunés, remplaçant les plus anciens habitants, il reste quelques brownstones, un peu perdus au milieu de la forêt de verre et de métal.

On repart vers le nord pour continuer la balade le long de l'Hudson River. Tiens, un phare à côté d'un fauteuil en bois disproportionné : fonctionne-t-il vraiment, ou bien plus vraisemblablement n'est-il que décoratif ? Une jetée conduit au-dessus de la rivière à un bâtiment en brique, tout seul, dont on se demande quelle est aujourd'hui sa fonction. Plus loin, le quartier de Newport est aussi en pleine effervescence, une boulimie de constructions, un enchevêtrement de grues. Une sculpture étonnante (Water's Soul) fait face à l'Hudson, une énigmatique figure féminine blanche et étroite, qui semble vouloir imposer le silence, non seulement à l'onde qu'elle domine, mais surtout à la noctambule Manhattan qui s'agite au loin.

 

Passant devant la gare d'Hoboken et son élégant hall central tout de bois et de stuc, on continue sur la belle balade de bord de l'eau, rythmée par une ribambelle de petits parcs à destination des petits et plus grands. Nous repiquons vers l'intérieur pour aller déjeuner dans le quartier le plus vivant du coin, celui de Hoboken. Le long de Willow Avenue, les échoppes colorées et les restaurants aux multiples propositions se succèdent le long de la rue, l'embarras du choix pour casser la graine : ce sera de (bons) burgers, pour rester dans le thème new-yorkais. En tout cas, le quartier, sympa, animé, ressemble à un Brooklyn en devenir, et devrait vite trouver sa place dans l'itinéraire de tout voyageur qui parcourt New York.

Nous repartons vers Manhattan pour finir la journée, objectif Little Island, un parc insulaire sur pilots qui vient d'ouvrir, parterre d'arbustes et de fleurs survolant la rivière, qui doit aussi être un lieu de spectacle. Cela semble intéressant, sauf que la tempête se met soudain à souffler sans crier gare, de violentes rafales de vent s'engouffrent dans les rues, à tel point que cela devient mission impossible que de vouloir se rapprocher des bords de mer. Tant pis, ce sera pour une autre fois. Nous finissons l'après-midi en nous baladant, transis, entre Greenwich et Soho, envahis par badauds et fashion victims, touristes et new-yorkais mêlés, qui écument les magasins chers et branchés. Pour nous réchauffer un moment, nous faisons un arrêt au Center for Architecture, espérant y trouver une expo sur l'un ou l'autre aspect de la ville. A la place, nous y trouvons une expo, un peu déroutante, mais intrigante, sur l'architecture des années 60 au Caire, qui attire notre attention sur un aspect méconnu du pays, en partie parce qu'une partie de ce patrimoine a été détruit, et que le gouvernement égyptien ne met guère en valeur ce qu'il en reste.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Tassili n'Ajjer, minéral et humain

Ma géographie NBA

De pied en caps à Majorque