Randos au Garajonay
La troisième balade nous emmène un peu plus loin, vers le barranco de Cedro, pour un encore autre type de biotope. Nous retrouvons là la forêt humide, pleine de lichens gris-vert, dense et laissant filtrer une lumière qui s'accroche aux cheveux d'ange qui ornent les troncs des arbres. Nous découvrons au passage dans une petite clairière l'ermitage de Notre Dame de Lourdes, une modeste chapelle édifiée en pleine forêt de lauriers par une Anglaise installée sur l'île.
Avec ces trois parcours, nous aurons un bon aperçu de la biodiversité du Garajonay, que nous complétons le lendemain après-midi par une autre rando autour des Tres Roques. Il s'agit en effet de trois pitons rocheux en enfilade, complétés par quatrième un peu caché, nommés Agando, Carmona, Zarcita et Olija, d'anciennes cheminées volcaniques érodées qui pointent leurs nez à l'entrée du parc. Nous laissons notre véhicule au pied de l'une d'elles pour une randonnée qui va d'abord longer la forêt primaire, offrant des vues sur les rochers arrondis, puis piquer dans la vallée de La Laja avant de remonter vers le point de départ. Après une heure de marche facile en sous-bois, le sentier bifurque et pique vers la vallée. Nous sommes désormais seuls sur le chemin ; celui-ci n'est quasiment pas balisé, et l'on s'interroge sur la direction à prendre, et de plus s'avère escarpé et casse-gueule avec des cailloux roulant sous nos pieds. Nous n'avançons que lentement, il se fait déjà tard, et nous nous rendons compte que nous n'arriverons pas à notre destination avant le coucher du soleil. Nous nous résignons donc à rebrousser chemin pour reprendre le même chemin qu'à aller, n'empêche que le paysage autour de ces pointes rocheuses vaut la demi-rando que nous avons pu faire.
A part ces deux jours dans le parc, nous n'aurons guère l'occasion de parcourir le reste de l'île, les temps de parcours automobile étant bien longs avec des routes sinueuses, si bien qu'il faut plusieurs heures pour rejoindre depuis notre gîte la plupart de chacun des petits ports situés tout autour de l'île. Nous nous contenterons d'aller visiter au nord le village de Agulo, vanté par les guides et affublés du titre de "pueblo mas bonito" d'Espagne. Ce jour-là, nous partons sous le soleil de San Sebastian pour atteindre un tunnel qui permet de rejoindre la vallée de Hermigua : changement complet de temps à la sortie du tunnel, nous entrons dans la brume, avec un mercure ayant chuté de quelques degrés. Nous nous arrêtons à Agulo, bien endormi ce jour-là. Des ruelles pavées aux maisons colorées, et aux portes et fenêtres en bois, la plus emblématique demeure apparaissant bien décatie, quelques échappées vers la mer, nous restons sur notre faim, mais sans doute la météo a-t-elle quelque peu altéré notre jugement.
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