Los Silos et le massif du Teno

Après l'escapade sur la Gomera, nous voici de retour à Tenerife pour cette fin de séjour, cette fois sur la côte nord-ouest. Depuis Los Cristianos, nous remontons jusqu'à El Tanque avant de redescendre en lacets sur la côte où se trouve notre point de chute de Los Silos. Nous louons une jolie chambre (gîte Aspila) située dans le jardin d'une maison bourgeoise du village, où habite un couple d'Espagnols, originaires du Pays Basque et venus chercher le soleil aux Canaries, comme Emi me le raconte. Des hôtes progressistes, voire altermondialistes, un drapeau palestinien à une fenêtre sur rue marquant leurs convictions. Nous sommes aussi accueillis par leurs deux petits chiens aux caractères diamétralement opposés, l'un enjoué et cherchant le contact, l'autre apeuré et aboyeur. Notre chambre sur la terrasse jouxte la cuisine d'été, où nous cuisinerons et prendrons nos repas, même si le temps est devenu gris, les températures tournant autour de la vingtaine de degrés.

Le premier soir cependant, il pleut et une fraîcheur humide nous incite plutôt à chercher un resto dans les parages : il n'y a pas grand chose d'ouvert et nous atterrissons dans un grand hôtel un peu impersonnel, le Luz del Mar, près de la plage comme son nom l'indique, rempli de touristes teutons où nous sommes accueillis en allemand à notre entrée, ne manquent que les chapeaux tyroliens ! Plutôt méfiants, nous sommes rassérénés, d'abord par un service chaleureux, peut-être heureux d'un peu de diversité dans leur clientèle. Puis par la qualité et la présentation des plats, une soupe de fruits de mer au coco, puis des gnocchis champignon et cresson, sont de très bon aloi.

Le lendemain, nous retournons le matin à la partie balnéaire de la petite ville de Los Silos, nommée Puertito. A côté de quelques hôtels y a poussé un lotissement de petites maisons - appartements tout blancs, essentiellement habités, devinez, par des Allemands qui viennent visiblement y passer l'hiver. Pourtant le bord de mer n'est guère affriolant : la plage de galets n'incite pas au farniente, la mer est agitée, et la promenade bien maussade, avec échoppes et bars fermés alors que c'est la pleine saison. Nous marchons un peu en longeant la mer jusqu'à une sculpture représentant un squelette de baleine un peu incongru. A la fin du séjour, nous ferons une balade plus loin et de l'autre côté, jusqu'au petit village de La Caleta, gentiment calé au bord de l'océan, en passant devant la cabane du Télégraphe, puisque le premier câble sous-marin entre Tenerife et La Palma fut posé ici il y a cent quarante années, puis devant une ancienne sucrerie en cours de réhabilitation pour en faire sans doute un musée.

L'objectif principal depuis Los Silos est le massif de Teno à la pointe ouest de l'île. La route serpente sur les pentes du massif jusqu'au mirador Alto de Baracan. Nous garant là, nous continuons à pied pour grimper jusqu'à la crête, commençant par un franc soleil nous offrant une vue cette fois de Gomera où nous étions la veille encore, mais qui vire rapidement avec l'arrivée des nuages, doublée d'un vent glacial. Nous continuons cependant au milieu de fantomatiques agaves perdus dans la brume, pour dépasser les 1000 mètres, mais la vue reste obstinément bouchée, et nous redescendons pour tenter de retrouver des degrés et qui sait du soleil vers la côte. Nous reprendrons les routes sinueuses du Teno pour retourner à l'aéroport le dernier jour, sous le soleil cette fois, mais l'afflux touristique est tel qu'il est impossible de s'arrêter où que ce soit, que chaque village forme un bouchon par les voitures de location essayant de s'y garer, et nous devons nous contenter d'admirer les panoramas qui s'offrent à chaque virage depuis l'habitacle de notre Kia.

Nous retournons donc en bord de mer pour emprunter la route qui mène à la pointe de Teno. Celle-ci est rapidement fermée au trafic normal, seul un bus peut l'emprunter pour vous mener jusqu'à la pointe. Nous continuons donc à pied, mais marcher sur le bitume, sous un ciel gris, n'est pas folichon, et nous nous arrêtons au premier virage, au niveau de la pointe de Fraile, où nous pouvons au moins jouir d'une belle vue en enfilade sur toute la côte.

Avant de retourner à Los Silos, nous faisons quelques courses à Buenavista del Norte, un village canarien typique, avec son église blanche, la place avec son kiosque et ses habitants, quelques maisons aux teintes pastel, plus la pâtisserie El Aderno, appréciée des autochtones, où nous achetons notre dessert du soir, brownie et cheesecake à l'américaine.


Notre ville étape de Los Silos est du même tonneau, un coin bien tranquille, avec lui aussi sa place et son église, et quelques demeures blanches aux belles portes et balcons en bois massif.




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