Laguna hermosa

Nos vacances de pré-printemps nous emmènent encore une fois du côté des Canaries. Après Lanzarote et Gran Canaria ces dernières années, nous retrouvons Tenerife que nous avions parcouru il y a 17 ans dans d'autres conditions : séjour rando famille, avec notre fille, sous l'égide de Terres d'Aventures, et logement sur la très touristique côte sud. Cette fois, nous sommes en duo, et fuirons le béton du sud pour parcourir les côtes nord et ouest de l'île. Et nous ferons un tour au passage dans l'île voisine de La Gomera. Un classique vol EasyJet nous emmène sans histoires jusqu'à l'aéroport de Sud Tenerife, puis nous remontons le long de la côte est par une autoroute fréquentée jusqu'à l'agglomération de Santa Cruz. Nous logeons en fait à La Laguna, l'ancienne capitale, qui s'avère être une très belle petite ville remplie de bâtiments historiques, au rythme ralenti, qu'il fait bon parcourir à pied dans ses rues piétonnes. Nous logeons dans un ancien palais, le Nava, qui propose des suites installées dans cet édifice historique, aux volumes imposants, installées autour d'un patio central, avec un beau jardin à l'arrière. Malheureusement, notre suite, la plus vaste, donne sur la rue qui s'avère être très passante et bien bruyante, même la nuit, d'autant qu'il n'y a pas de double vitrage, sans doute une contrainte imposée par l'ancienneté des lieux. Le lendemain matin, nous parvenons à nous faire attribuer une autre suite, un peu moins grande, mais bien plus au calme, donnant sur le patio.


Dès le lendemain matin, nous allons faire nos emplettes dans le centre de la ville, juste à côté, notamment au Marché Municipal, une vaste halle sans charme, mais qui est fréquentée par des Canariens uniquement, voilà qui est bon signe. Les étalages sont un combiné de produits classiques (européens) et exotiques : des bananes locales, la première production de l'archipel, des pommes de terre du cru à l'aspect curieusement grêlé par exemple, et bien sûr les habituels serranos à l'espagnole, ou encore fromages de chèvre fumé. Sans oublier des délicieux gâteaux, sortes de sablés dans une petite échoppe bien alléchante. Durant les trois jours que nous passerons sur place, nous déjeunerons en général le matin dans notre suite, le soir un restaurant pour les incontournables tapas. Il faut dire que ceux que nous trouvons le premier soir, au Gastrobar San Cristobal, allient originalité et finesse ; nous y retournerons d'ailleurs plus tard dans la semaine après un essai moins réussi dans un autre bar à tapas du coin. Au menu pour nous : croquetas de fromage ou de crevettes, patatas bravas (locales), rellenos huevos (oeufs mimosa améliorés), en dessert confiture de lait (dulce de leche), le tout arrosé de vins blancs de l'île ma foi très corrects, de cépages moscatel ou zanata.

 

Dans les rues piétonnes qui encadrent notre home du moment, il y a de multiples lieux à visiter : c'est ainsi que nous parcourrons deux musées, installés dans des palais d'il y a 2 ou 3 siècles, à commencer le Musée d'Histoire et Anthropologie (MHA) à la Casa Lercaro, retraçant l'histoire de Tenerife et de ses habitants, flanquée d'un jardin avec un superbe dragonnier et deux carrosses de l'époque. Egalement le Musée Cabrera Pintero, bric-à-brac surprenant accumulant ancien matériel scientifique, animaux empaillés et squelettes, objets guanches ou peintures religieuses, le tout sis dans l'ancien couvent San Augustin. A noter aussi l'Office de Tourisme, installé dans la belle Casa Alvarado au patio à la végétation luxuriante. Le soir venu, les touristes venus pour la journée depuis le Sud sont partis, et les habitants reprennent possession de leurs rues, sortant manger, boire, discuter comme beaucoup d'Espagnols.

Depuis La Laguna, nous allons faire un tour à la capitale Santa Cruz, distante de 10 kilomètres seulement, que nous rejoignons en tramway, l'occasion de parcourir la conurbation d'un autre point de vue, au milieu des travailleurs ou écoliers de la région. A Santa Cruz, nous commençons par l'Auditorium Adam Martin, une imposante construction toute blanche de Calatrava, le célèbre architecte de la gare de Ground Zero à New York, ou de l'Opéra de Valence, entre autres. Il a aussi des airs d'Opéra de Sydney avec ses arcs qui s'interpénètrent, dominant la mer et la parc aquatique voisin. Nous ne pouvons malheureusement pas en visiter l'intérieur car ce jour-là justement, un événement privé nous l'interdit.

De là, nous regagnons à pied le centre de Santa Cruz. La visite s'avère décevante, surtout en comparaison avec la splendeur un peu surannée de San Cristobal. La grande place en bord de mer est un vaste espace nu, bitumé, déshumanisé. Le centre historique semble à moitié à l'abandon, et les anciennes maisons ne sont guère mises en valeur. Enfin, le centre plus récent est animé et vivant, mais l'environnement, boutiques, mobilier urbain, organisation de l'espace, n'est guère attrayant, et nous sommes bien contents de retrouver plus vite que prévu notre Laguna.





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