Vignobles valaisans

En arrivant dans le Valais, on est surpris par les vignobles qui s'étagent en nombre du côté exposé au sud. Le canton est en effet le principal producteur de vin en Suisse, du fendant bien sûr, le plus connu et le plus courant (deux tiers du vin produit), mais aussi une multitude de cépages originaux. Sierre, à côté de laquelle nous résidons pour quelques jours, est l'épicentre de la région viticole. Un sentier viticole parcourt les alentours, depuis Salquenen, à la limite germanophone jusqu'à Sierre 6 kilomètres plus loin. Le chemin part des gorges de la Raspille, d'où déboule la rivière avant de se jeter dans le Rhône un peu plus bas. Une cascade jaillit de la montagne, puis s'écoule sous les "Pyramides", de gros rochers aux airs de cheminées de fée courant sur une épine dorsale, répondant à l'autre versant bien plus apprivoisé avec son sage vignoble bien rangé. 


Après cette première partie plus escarpée, le relief s'adoucit tandis que l'on chemine au milieu des vignes. Les courbes vertes courent le long des côteaux, faisant penser à une coiffure africaine implantée sur l'adret de la vallée. Des panneaux pédagogiques scandent la promenade, nous apprenant par exemple comment les murs de pierres sèches, omniprésents, sont conçus et entretenus. Traversant Sierre, le sentier nous emmène jusqu'au château de Villa. Ce château du XVIème siècle, avec sa tour octogonale, est devenu un haut-lieu de la vie culturelle et gastronomique local, avec une belle terrasse ombragée agrémentée de sculptures modernes. A défaut d'y dîner, nous y faisons escale à mi-chemin de notre balade, et je me sens bien entendu obligé de goûter à quelques cépages du cru, servis en "déci", alias décilitre, l'unité volumique du pays pour ce qui est des boissons. J'y teste 3 blancs, une Petite Arvine, aux arômes d'agrumes, un Rèze, plus corsé et résineux, pour finir sur un Savagnin sec et fruité. Intéressant échantillonnage, avec des cépages peu connus chez nous : sans doute est-il de ma part chauvin de dire que je préfère quand même mes Alsaces blancs. J'ajouterai à cette liste un fendant rustique et gouleyant, offert par notre hôte suisse (et fabriqué par sa mère), dégusté dans notre
 gîte de Miège.

Ce gîte loué pour 4 nuits est une grange joliment retapée, sise juste à côté de la maison des proprios, avec une terrasse qui donne sur la vallée du Rhône et sur les montagnes de l'autre côté. En plus du fendant blanc, nous nous voyons offrir des légumes, tomates notamment, du potager des lieux, sympathique attention du propriétaire affable  et causant, qui manifeste au passage une sourde méfiance à l'encontre de l'Europe et de son euro.


Un peu plus loin, Sion a plus de charme que sa voisine et quasi-homophone Sierre. Nichée sous deux châteaux, chacun dressé sur un promontoire, le bourg médiéval a un charme bourgeois un peu suranné, des ruelles qui montent, des rues piétonnes, et un vestige du mur d'enceinte, la Tour des Sorciers. La montée vers les châteaux est spectaculaire, on arrive sur une esplanade où se dresse à gauche le château de Tourbillon, en ruine, auquel l'on accède par un raide chemin. A droite, le château de Valère est plus accessible et mieux conservé, avec notamment sa basilique fortifiée renommée pour son orgue, le plus ancien (1430) encore jouable de nos jours dans le monde. En-dessous, Sion s'étire de tout son long dans la vallée, tandis que les nuages frisottent sur les montagnes qui l'encadrent.












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