Un peu de Bourbon sur la route



Depuis la Suisse, le route est longue pour rejoindre La Rochelle sur l'océan, comme ce l'est souvent quand on n'emprunte pas les chemins étoilés partant de Paris vers les coins de l'Hexagone. Notre itinéraire en ligne quasi droite, plein ouest, va nous faire couper tous les axes principaux qui plongent vers le sud depuis la capitale. Nous refaisons à l'envers le même chemin qu'à l'aller, le col de Nufenen, bien plus calme que 15 jours plus tôt, la vallée du Rhône à travers le Valais, la rive nord du Léman, puis en France la A40 jusqu'à Bourg. On trouve donc bien quelques autoroutes transversales comme la A79 qui nous emmène ainsi jusqu'à Moulins en Auvergne, préfecture de l'Allier à côté de laquelle nous établissons notre bivouac pour la nuit à Bourbon-l'Archambault. Bivouac ma foi confortable dans le Grand Hôtel Montespan-Talleyrand, estampillé Logis de France, dont le nom rappelle que sous Louis XIV, quelques célébrités telles la Montespan, mais aussi la Marquise de Sévigné, participèrent à l'essor de la station thermale. Celle-ci est connue depuis l'Antiquité puisque ce sont les Romains qui la fondèrent et qu'elle garda cette fonction des siècles durant, jusqu'à aujourd'hui encore. En tout cas, l'hôtel est confortable, d'un charme désuet, et attirant encore du monde, pas mal d'étrangers aussi, en cette fin août. Le restaurant, mis en exergue par Michelin et Gault & Millau, est un atout non négligeable, avec une cuisine inventive à des tarifs très raisonnables, servis dans le jardin jouxtant une des tours de la vieille ville.

Le lendemain, nous prenons une bonne heure pour faire le tour de la ville. Les Thermes bien sûr, calmes en ce dimanche matin, avec de beaux bâtiments aux couleurs pastel et aux ferronneries ornées qui logent les curistes, encadrés par quelques sympathiques demeures bourgeoises. Un peu plus loin, par de petites rues, l'on rejoint la partie médiévale de la ville, avec son château-fort du XIIIème, dont la haute silhouette domine la ville depuis son éperon barré. Ses dimensions imposantes montrent l'importance de ce fief féodal à l'époque, avec ses tours cylindriques surélevées, dont la joliment nommée "Qui-Qu'en-Grogne" , ainsi baptisée dit-on pour rabattre le caquet des bourgeois ronchons de l'époque du Duc Robert de Clermont, réfractaires à sa construction. Sur le chemin du retour, la rue de la République nous montre aussi l'envers du décor, tel cet ancien hôpital et cette Maison de Retraite à l'abandon, livrée aux herbes folles, qui rappelle combien ces petites villes de l'intérieur ont souvent du mal à survivre, malgré une riche histoire.

 

Nous repartons donc, pour la suite d'un voyage qui ralentit quelque peu en entrant dans la Creuse, un de ces départements du vide central français : le désenclavement est en cours avec la transformation d'une nationale en autoroute, gratuite bien sûr. Nous arrivons un tout petit peu trop tôt puisque celle-ci doit ouvrir dans quelques jours à peine. Et en attendant, nous perdons un temps fou à emprunter une superbe route ... à une voie, sans possibilité de doubler et avec une limitation à 70 km/heure. On trépigne d'impatience dans le cortège de voitures qui se traînent, respectueux de la signalisation, sur une soixantaine de kilomètres jusqu'à La Souterraine. Nous retrouvons nos repères du côté de Poitiers pour rejoindre sans encombres notre havre rochelais pour la première semaine de septembre.

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