Balades montagnardes au-dessus du Valais
Cette année, nous avons choisi comme destination aoûtienne principale la Suisse, et ses montagnes. Nous avons de la chance (si l'on peut dire) puisque le réchauffement climatique nous offre un temps magnifique et des températures élevées, devenant agréables quand nous grimpons, même à plus de deux mille mètres. Les 4 premiers jours sont pour le Valais, et nous permettent d'aller crapahuter un peu plus haut que de coutume. Première étape au-dessus de Sion, à partir de Nendaz, une station de moyenne montagne assez classique, pas trop bétonnée heureusement, mais sans grand charme. C'est de là que nous allons longer les bisses. Quesaco ? Un "bisse" est la version valaisanne d'un bief, un canal d'irrigation creusé dans la terre ou fait de planches de bois tenues par des poutres, qui conduit l'eau des torrents vers champs et mayens. Plusieurs avantages à longer ces bisses, ils sont en général en sous-bois, appréciable quand il fait chaud, d'autant qu'ils dégagent un peu de fraîcheur, et vous font passer par chalets et jardins, ponctuant le parcours. Et pour les flemmards, la pente est douce, par la force des choses. Le Bisse du Milieu nous emmène ainsi doucement jusqu'au lieudit Planchouet où l'on trouve auberge et gîte. Pour redescendre, nous empruntons le Vieux Bisse, davantage dans la forêt. On croise au fil de l'eau quelques chalets en bois, des troncs d'arbre sculptés en nain ou en chamois, des passages plus escarpés où l'eau accélère d'un coup. C'est ainsi que pour franchir une barre rocheuse a été créée un petite cascade le long d'un escalier de pierre. Une belle balade, surtout par ce temps caniculaire.
Deux jours plus tard, nous montons un peu plus haut, empruntant un premier téléphérique depuis Chalais dans la vallée jusqu'au village de Vercorin. De là, une télécabine nous emmène jusqu'au Crêt du Midi, qui culmine à 2500 mètres. Autour du crêt, le paysage est un peu pelé, constitué de pistes de ski en estivage. Il faut s'éloigner du crêt pour retrouver un environnement plus bucolique, sur un sentier rocheux qui descend doucement, croisant des vaches locales aux impressionnantes cornes, et même un chamois en contre-bas.
On arrive ensuite par un large chemin à l'Ar du Tsan (l'Alpe du Champ). Ce nom improbable cache une vaste prairie, un alpage sillonné de méandres créant une petite retenue, avant de se jeter dans le vallon de Réchy. Le lieu est magnifique, aux nuances vertes et jaunes (auxquelles des papillons bleus viennent ajouter une note azurée), entouré de crêtes, dans un calme absolu puisque c'est un parc naturel. Peu de monde, le chemin grimpe dans le vallon jusqu'au lac du Louché, dans un cadre sublime, verdoyant, ensoleillé, les nuages ayant le bon goût de rester accrochés sur les sommets voisins.
Au retour, nous faisons un stop entre deux trajets téléphériques dans le village de Vercorin, aux jolis chalets de bois fleuris de géraniums, à l'église avec son clocher en pierre, nous posant quelques instants pour nous désaltérer à la terrasse d'un café, où deux papys du coin devisent tranquillement avec la serveuse, loin de l'agitation de la vallée du Rhône plus bas.
Un dernier paragraphe en altitude, même si ce n'est que pour citer un lieu où nous nous rendons en voiture, et non à pied ou en téléphérique. Pour rejoindre la prochaine étape, dans le Tessin, nous gravissons le col du Nufenen par des lacets serpentant à flanc de montagne. En haut se retrouvent automobilistes et motocyclistes, mais surtout courageux cyclistes qui ont grimpé, souvent en couple, les 2478 mètres auxquels culmine l'endroit. La vue est comme de bien entendu saisissante. La verte vallée de Bedretto d'un côté, celle du Valais de l'autre, et tout autour, des flopées de pics aux alentours de 3000 mètres, mais dont hélas les sommets sont souvent privés de leur couronne blanche de neiges éternelles.
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