Evora historique
Après Sao Luis, Evora nous fait l'effet d'une métropole : une ville presque grande, avec du tourisme et de l'animation, il y a même une université, mais les étudiants sont en vacances. Nous avons cassé notre tirelire pour nous offrir deux nuits dans la Pousada de la ville. Comme très souvent, celle-ci est aménagée dans un des plus beaux sites de la ville, la Couvent des Loios, juste à côté de la cathédrale. Notre chambre donne curieusement sur le hall de la réception, et nos hautes fenêtres sur l'entrée de l'église voisine, mais elle est très grande et confortable, mélange de rusticité et de qualité. Nous prendrons nos petits déjeuners dans le patio du couvent, tandis que la piscine a réussi à trouver une place dans une courette un peu plus loin.

Nous prenons tout notre temps pour parcourir la ville. On commence par le temple romain, puisque celui-ci se trouve juste en face de notre pousada. Une base carrée comme à Nîmes, qui nous indique du coup que la ville va vers ses 2000 années. Un plus loin, on arrive à la place Giraldo, le centre névralgique de la ville, cafés, maisons bourgeoises, animation le soir venu, quand le soleil relâche un peu ses rayons.

L'Université est un peu à l'écart ; c'est l'une des plus vieilles du pays, mais elle fut fermée au XVIIIème quand les Jésuites furent expulsés, et n'a rouvert qu'il y a une quarantaine d'années. Les lieux eux-mêmes ont gardé toute leur majesté. Il est intéressant de voir comment une Université moderne a fait son lit dans des salles centenaires, en modifiant au minimum la disposition des lieux. On peut visiter les salles, tapissées d'azulejos : les chaires en bois et les colonnes en marbre voisinent avec les chaises des étudiants, un tableau ou un vidéo-projecteur, et chaque salle a désormais une double identité, celle des siècles passés et la matière qui y est enseignée aujourd'hui. Si la grande cour a gardé sa solennité, la seconde plus petite abrite une cafétéria pour les étudiants. Est-ce une chance ou une corvée d'étudier dans un tel endroit, difficile à dire ...

Nous flânons tranquillement à travers la cité. Un aqueduc (Agua de Prata) qui traversait la ville réapparaît en plusieurs endroits : ici, il enjambe ruelles et rues, là il est intégré dans les murs des habitations, pour finir par sortir des murs de la ville et retrouver hauteur et majesté. Les vilains blocs électriques qui parsèment les milieux urbains sont ici décorés de jolies fresques en noir et jaune. Un peu partout, les ruelles étroites proposent le même motif : des pavés ronds au sol, des maisons blanches liserées de jaune le long des arêtes et autour des portes et fenêtres. Ca et là, un palais apparaît, parfois un peu caché derrière de hauts murs, mais que la végétation luxuriante émergeant de ses jardins dénonce sans tarder.

Giraldo. C'est un orchestre de cordes, des petites guitares ou des sortes de banjo (je n'y connais rien), accompagnées d'un piano et d'un accordéon, tenues par une dizaine d'hommes, souvent plus très jeunes, qui ponctuent ce concert d'airs portugais en chantant. C'est charmant, typique, pas touristique pour deux sous ; la totalité du public est portugais, souvent de la famille ou des mais des musiciens. En sortant, la nuit venue, nous parcourons Evora by night, joliment éclairée, et un peu plus fraîche que la journée, ce qui ne gâte rien.






Commentaires
Enregistrer un commentaire