Dans la serra de Sao Mamede
Nous quittons Evora vers le nord et la serra Sao Mamede, la partie la plus septentrionale de l'Alentejo. En chemin, premier stop à Evoramonte : ce petit village vaut surtout par son château historique du XIIème, qui se dresse fièrement au-dessus de la partie moderne du bourg. Les fortifications en pierre paraissent anciennes, et le sont sûrement ! Le château par contre est curieux, et assez vilain à vrai dire. Il est plus récent (XVIème), imposant par son volume et ses quatre donjons d'angle, mais à vrai dire, on dirait une construction beaucoup plus récente en béton brut : excès de zèle lors de la rénovation ? Le village haut et les quelques maisons qui y subsistent a par contre du charme, avec l'église au bout donnant sur le cimetière, et la vue sur la plaine vaut la petite montée pour se propulser là-haut à pied (même si l'on peut aussi s'y rendre en voiture).
Second arrêt, de subsistance (achat de victuailles et pique-nique) à Estremoz. C'est cette fois déjà une petite ville, animée en ce jour de marché, mais qui a elle aussi sa ville haute, que nous allons visiter dare-dare. Elle est dominée par une tour en marbre blanc, où l'on monte pour jouir une nouvelle fois du panorama, flanquée d'un palais, en marbre également, transformé en pousada (qui occupent toujours des sites magnifiques). Nous n'y logeons pas cette fois, mais prenons un verre dans le superbe patio, avant de déambuler dans les ruelles tortueuses voisines.

Nous arrivons ensuite à notre "agroturismo" dans la Serra de Sao Mamede, en pleine nature. En fait d'agroturismo, il s'agit d'une sorte de gîte dans la verdure, tenu par une sculptrice qui a parsemé la propriété de ses oeuvres : à boire et à manger, on en aime certaines, moins d'autres. Nous profiterons surtout cet après-midi de la piscine, car le thermomètre a sérieusement repris du poil de la bête depuis que nous avons quitté la mer. Avant d'aller faire nos courses à la ville la plus proche, Portalegre : pas de dépaysement, c'est dans un Intermarché, qui déploie au Portugal un nombre impressionnant de magasins (à côté de Carrefour, Décathlon, Leroy Merlin, etc ... - la grande distribution française est bien implantée ici). Nous faisons un tour en ville, laquelle a l'air bien triste en ce dimanche après-midi. Un peu endormie certes, mais ses longues rues bordées de maisons sans charme, ses commerces vieillots et périclitant, ne nous emballent guère.


Le lendemain, de bon matin, nous partons pour notre petite rando habituelle dans la serra, 12 kms autour du village de Galegos, en longeant la frontière espagnole toute proche, par les anciens chemins de contrebande. Nous avons de la compagnie cette fois, un chien, d'une habitation du hameau dont nous partons, nous escorte (grosse bête d'ailleurs qui fait peur à Valérie, au début du moins), et même nous montre le chemin plus d'une fois. Il fera ses 3h30 de marche avec nous, malgré la chaleur : vu sa connaissance du parcours, ça ne doit pas être sa première balade avec des marcheurs de passage !

Après une pause aux heures les plus chaudes, nous repartons dans l'après-midi pour aller voir les 2 villages les plus cotés de la région, Castelo Vide et Marvao. Le premier, Castelo Vide, est déjà une petite ville, avec sa partie moderne, une vaste et agréable place sur laquelle il fait bon prendre un jus de fruits frais, histoire de reprendre des forces après la montée vers la partie haute. Celle-ci est encore plus belle que les précédentes : des ruelles pavées bordées de fleurs et plantes en pot nous mènent tranquillement jusqu'au château, non sans passer par l'ancien quartier juif (il y a encore une synagogue devenue un musée) et la fontaine en marbre style Renaissance de Fonte da Vila. De la ville haute (en montant sur le toit de l'église !), le panorama sur l'ensemble de la ville et sur les environs est superbe.

Nous dînons dans un typique et très sympa resto familial au bord de la rivière : patron parlant français, plats à base de poisson, addition rikiki (à peine 10 euros par personne), nous faisant remarquer que la cuisine portugaise est plutôt meilleure que ce que l'on pense en général. Puis nous allons visiter notre dernière cible au coucher du soleil, le village de Marvao, perché sur la montagne. Celui est très différent de sa voisine de Castelo Vide. Beaucoup plus petit, il semble quasi-inhabité le soir venu, et pourtant il est très apprêté, bien pourvu pour accueillir les touristes de passage. Son site médiéval est spectaculaire, planté sur un socle de granit et entouré de hautes murailles, avec encore une fois une vue magnifique, l'Espagne d'un côté, le Portugal de l'autre. La lumière du soir est douce, et la balade sur les remparts alors que le soleil se couche est un pur moment de volupté.








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