Alentejo, la vie lente

Après l'Algarve, l'Alentejo offre une autre facette du Portugal, la version tranquille, campagnarde, un peu endormie. Ici point de bar saturé d'Anglais rougeauds et cervophiles, de plages où trouver le moindre centimètre carré relève du défi, on entre dans la vie lente. Le village où nous déposons nos bagages s'appelle Sao Luis, à une vingtaine de kilomètres du rivage. La maison où nous habiterons est propriété d'un Hollandais, dont une amie nous donne rendez-vous pour nous mener à notre logis. C'est une belle demeure perchée sur une colline, vue imprenable sur la campagne alentejane ; seul hic, la clé de l'endroit semble avoir disparu. Pas d'inquiétude, après quelques péripéties et une bonne heure d'attente, la clé est finalement retrouvée dans la voiture d'une voisine - bienvenue en Alentejo ...


Notre première sortie est pour aller (re)voir la mer, dans la station de Vila Nova de Milfontes, la ville nouvelle aux mille fontaines. Ici, point d'Angliche ou de Teuton, on est dans le Portugais, lequel connaît les coins tranquilles et pas cher pour venir y passer ses vacances. La petite plage en pleine ville voit s'agiter les petits Portugais de passage, pendant que nous déambulons dans les rues alentour, en longeant le fleuve Mira qui s'enfonce depuis là vers l'intérieur de l'Alentejo. Un café gentiment branché nous (me) permet de goûter une bière artisanale du cru et d'acheter d'excellentes quiches maison, en discutant avec le jeune proprio dans un excellent anglais ; à ce propos, les personnes âgées nous parlent assez souvent en français - certaines ont visiblement eu des relations étroites avec notre pays par le passé - alors que les jeunes sont passés à l'anglais, comme un peu partout dans le monde. 


Le lendemain, un petit tour le matin dans notre village de Sao Luis, à pied depuis notre petit nid d'aigle : finalement, celui-ci n'est pas si endormi qu'on le pensait au premier abord. Il y a du monde dans le bourg, quelques restaurants (dont un excellent que nous apprécierons le soir), une tripotée de bars, un petit marché, une maison commune, tout cela est bien plus vivant que nombre de villages français qui se désertifient lentement.

Notre balade l'après-midi nous emmène vers dans la campagne jusqu'au fleuve Mira dont nous avons vu hier l'embouchure. Des chênes-lièges et des eucalyptus, encore et toujours, puis la rivière qui serpente, longée de marais où l'on semble élever quelques espèces, crustacés ou poissons peut-être, dans un paysage simple, presque austère et pourtant de toute beauté. En revenant au point de départ, pause désaltérante dans un café-épicerie comme on n'en voit plus : une vieille tenancière un peu grincheuse, trois étagères plus ou moins encombrées de victuailles à vendre, deux tables et quelques chaises dans la semi-obscurité de la toute petite salle, des boissons à 1 euro pièce, des affiches délavées accrochées au mur par une épingle, la vie lente vous disais-je !






Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Tassili n'Ajjer, minéral et humain

Ma géographie NBA

De pied en caps à Majorque