De Freiburg (Brisgau) à Colmar (Alsace)
Depuis l'Alsace, l'Allemagne est à portée de fusil (sic) et d'une traversée du Rhin. C'est donc de bon matin que nous partons enjamber le fleuve au niveau du gros barrage de Marckolsheim, pour rejoindre Fribourg (Freiburg-im-Breisgau en version originale), grande ville sise au pied de la Forêt Noire qui apparaît juste derrière aux confins de la ville. Depuis l'active gare d'où partent des trains pour Hambourg ou Berlin, passant devant la parc du manoir Colombi au château Art Nouveau, voici la place de la Cathédrale, où se tient chaque jour un actif marché, qui allie des fruits rouges de saison aux inévitables stands de cochonnaille allemande. La monumentale cathédrale gothique à la tour carrée est massive vue de l'extérieur, mais une fois dedans, la lumière qui l'inonde et une décoration plutôt sobre atténuent un peu cette impression. Tout comme cette intéressante installation de fils irradiés de la lumière solaire, grimpant du sol à différents points de la haute nef.
Passant par la Schwabentor (porte souabe) l'on rejoint l'Augustinermuseum, musée d'art médiéval. Si nous ne nous y arrêtons pas faute de temps, nous apprécions son cadre d'une ancienne église monastique reconstruite, donnant sur un cloître et un agréable jardin, où les Fribourgeois aiment à faire une pause méridienne au calme. D'autres en profitent pour tremper leurs pieds dans les petits rus qui longent les rues, en même temps qu'ils déjeunent sur le pouce.
Une autre étape est prévue, à quatre kilomètres au sud du centre historique. Nous nous arrêtons au quartier Vauban, un écoquartier de 42 hectares, emblématique de la ville qui attire l'attention, tant pour son architecture que pour la vie associative qui y est attachée. Construit sur une ancienne caserne de la Wehrmacht, puis de l'armée française, il est créé au début de ce siècle et abrite aujourd'hui 5000 habitants. Plusieurs aspects méritent qu'on s'y attarde :
- une absence de voitures, se traduisant par moult pistes cyclables, allées piétonnes dans un environnement boisé, et un tramway qui vient s'insérer au cœur du quartier pour le relier au centre de Fribourg
- des logements alternatifs dans les bâtiments de l'ancienne caserne, plus populaires, représentant aussi l'histoire sociale et revendicative du quartier
- des maisons et bâtiments plus récents, à énergie positive, alliant isolation maximale, panneaux solaires et matériaux écologiques
L'ensemble dégage une impression de bien-vivre dans un environnement calme (pas de voiture), frais (beaucoup de végétation), bienveillant (tissu social organisé), avec des jardins et des espaces de jeux, des écoles et de la vie. Mais on ne peut s'empêcher d'entrevoir l'inévitable gentrification qui guette ce genre de lieu privilégié, comme en témoigne quelques inscriptions s'insurgeant contre une "boboïsation" rampante.
Après cette incursion outre-Rhin, nous retournons en France pour un arrêt à Colmar. L'objectif premier est le musée Bartholdi, natif comme chacun sait de la ville, et créateur de la fameuse Statue de la Liberté new-yorkaise. Son musée est installé dans la grosse maison bourgeoise où il naquit en 1834, et retrace sa vie et son œuvre, bien au-delà de la statue qui l'a rendu célèbre. On y comprend les liens envers son pays, on y admire l'essentiel de son œuvre de sculpteur (avec notamment la conception du fameux Lion de Belfort), on y admire la reconstitution de pièces de sa maison avec le mobilier de l'époque. Un bel endroit à découvrir.
A la sortie du musée, il est encore temps de consacrer une bonne heure à un grand tour de la partie ancienne de Colmar. Il y a déjà beaucoup de touristes en cette mi-juillet, mais le flux se calme en fin de journée, et nous pouvons apprécier ruelles et canaux fleuris de cette Venise alsacienne. Les maisons colorées à colombages se reflètent dans l'eau, les courettes abritent des havres de tranquillité, les statuettes de la Maison des Têtes grimacent au-dessus de nos têtes, faisant de Colmar une des plus belles villes de la région.

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