Escapades castrales en Vosges

Une dose raisonnable de randonnée fait partie de notre programme de la semaine, et c'est bien entendu vers les Vosges voisines que nous nous tournons pour ce faire, d'autant que la couverture forestière et un petit peu d’altitude ne feront pas de mal pour atténuer la canicule qui sévit dans la vallée.

La première sortie nous fait gagner le village voisin de Scherwiller, que j'aime depuis longue date pour sa rivière Aubach qui la traverse sous forme de canal, flanqué de dizaines de lavoirs et de petits pont en pierre pour le franchir. Hélas, avec la sécheresse qui persiste ici comme partout, tout est à sec, des herbes poussent au fond de la rivière absente, et si le village reste charmant, l'impression n'est plus la même.

Scherwiller est notre point de départ pour relier les deux châteaux voisins. Par un agréable chemin ombragé et couvert de racines entremêlés, nous montons (un peu) jusqu'au premier château de Ramstein. Celui-ci est assez mal conservé, il n'en subsiste que son donjon en ruine, dont la réfection a certes commencé, mais qui reste inaccessible et que nous ne pouvons donc observer que de loin. Nous nous contentons donc de la vue qui ouvre sur la vallée de Villé côté occidental.

Non loin de là, on rejoint le château de l'Ortenbourg, bien mieux conservé que son voisin. Sur un piton rocheux, à 437 mètres d'altitude, il doit son nom à la famille Ortenberg qui le construisit aux alentours de l'an mille. S'il appartint ensuite aux Habsbourg, puis à des évêques du cru, il est aujourd’hui propriété de la commune de Scherwiller. Il a été bien restauré, tout en restant à l'état de ruines, bien plus élaborées que celles du Ramstein. On y trouve l'imposant donjon pentagonal, et l'on peut pénétrer dans le logis seigneurial à ciel ouvert, où l'on distingue archères à niches et meurtrières, les fenêtres gothiques avec banquette, les cheminées et même vespasiennes, un ensemble complet de l'architecture militaire médiévale. De l'autre côté, la vue ouvre sur la vallée du Rhin et la Forêt Noire, jusqu'à la cathédrale de Strasbourg qui pointe sa flèche unique perçant la brume de chaleur.


Une autre balade castrale nous emmène un autre jour plus au nord, pour un autre combiné de châteaux, ceux du Birkenfels et du Kienberg, du côté d'Ottrott.


Le château de la Léonardsau est d'un autre type, puisque l'on passe des châteaux militaires défensifs au château d'agrément, sur le commune d'Obernai. Celui-ci date du début du 20ème siècle, de style Art Nouveau, conçu par le riche industriel De Dietrich, et posé sur un vaste parc de 8 hectares. Il servit de lieu de tournage pour le film La Décade Prodigieuse de Claude Chabrol dans les années 70. Il a récemment été totalement refait et n'a rouvert ses portes qu'il y a quelques mois. L'intérieur est tout beau tout neuf, élégamment meublé, et sert aussi à des expositions temporaires. Il n'y en a pas lors de notre passage, mais une "micro-folie" propose une projection numérique de chefs d’œuvre d'hier et d'aujourd'hui.

L'un des salons du château a été décoré par le peintre ébéniste Charles Spindler, et la marqueterie créée par celui-ci existe aujourd'hui encore non loin de là, à Boersch, tenue par son petit-fils. Coup de chance, la belle maison qui sert aussi d'atelier est ouverte ce jour, nous pouvons visiter la salle d'exposition, et y admirer les superbes marqueteries qui y sont créées de nos jours encore, dans des styles classiques comme modernes, donnant envie de casser sa tirelire pour faire l'acquisition d'un de ces magnifiques tableaux.






 

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