Chants de Noël au York Minster
Une de mes motivations pour consacrer ma sortie de décembre à York cette année est son marché de Noël réputé dans toute l'Angleterre. On y retrouve comme un peu partout ces chalets en bois qui prolifèrent sur les principales places, attirant les touristes (britanniques) pour faire quelques emplettes et se restaurer. Rien d’extraordinaire donc, mais l'artisanat est plutôt de qualité, et les stands de restauration très british - je me laisse même tenter, à mes risques et périls, par un fudge maison bien sucré.
Abstraction faite de cette animation, le vieux York mérite que le voyage, le long des maisons médiévales, devant les étroites venelles chichement éclairées, ou dans les ruelles les plus fréquentées, comme The Shambles (les abattoirs). Cette étroite voie, datant du moyen âge, aux maisons Tudor qui se touchent presque au-dessus des pavés, était bordée naguère de 28 boucheries. C'est désormais de boutiques pour touristes qu'elle est envahie, d'autant qu'elle servit de modèle au "Chemin de Traverse" dans la saga de Harry Potter, comme le rappelle "the shop that must not be named". Et sous les lumières féériques, malgré la foule, c'est un vrai plaisir de flâner au hasard des rues.
Le monument emblématique de York reste sa cathédrale mythique, "the Minster", lieu de culte anglican majeur et plus grand édifice du nord anglais. Si l'actuelle cathédrale fut construite entre 1220 et 1480, elle fut précédée de plusieurs autres constructions : basilique romaine, chapelle en bois du 7ème siècle, première cathédrale normande au 11ème. Toutes ces couches d'histoire accumulée accentuent encore l'aura du Minster gothique. Et quand on entre sous la nef du saint des saints, on est soufflé par la magnificence, les volumes, les vitraux. Tous les ans a lieu une paire de concerts dans la cathédrale, les "Christmas Carol Concerts", cette année les 4 et 5 décembre. J'ai la chance que ce soit justement lors de mon passage, et surtout de trouver au dernier moment une place, au troisième rang qui plus est. Je m'attends donc, dans ce cadre magnifique, à un classique concert d'église, orchestre et chœurs, en l'occasion complété avec un lecteur, le tout dans une veine religieuse. La cathédrale est pleine à craquer, plus de 1500 personnes assises sur des chaises, l'ambiance est feutrée et fervente. L'orchestre entame la partie, le chœur - une quarantaine de chanteurs, très jeunes pour la plupart - enchaîne, puis toute l'assistance se lève, ouvre sa brochure, et chante à pleine voix. Toute l'assistance, puisqu'en scannant la nef, je ne détecte pas une seule personne (hors moi) qui ne chante avec entrain. Moi qui suis un mécréant assumé, je dois concéder que je suis soufflé, puis transporté, par cette vague puissante qui emporte tout, au cours de cinq ou six chants religieux avec force "Lord" et "Jesus". Jeunes et moins jeunes, tous sont comme habités, pour une expérience au plein sens du terme, dont je me souviendrai.
Je continue ma promenade yorkaise la dernière matinée, avant mon retour via Londres et l'Eurostar, en longeant cette fois la rivière Ouse. Je commence par les jardins du Musée du Yorkshire, qui abrite les reliefs les plus marquants de l'époque romaine, autour d'une forteresse légionnaire dont les pierres de la base nous viennent du troisième siècle de notre ère. Je suis surpris d'y trouver une ribambelle de beaux écureuils gris, pas farouches pour deux sous, qui se délectent de fruits tombés au sol, et viennent mendier sans vergogne.
Plus loin, sur les quais, des promenades en bateau proposent un circuit sur les deux rivières de la ville, mais je n'aurai pas le temps hélas d'une de ces balades maritimes que j'affectionne. En face, les entrepôts et moulins anciens de Woodmills ont été transformés en logements de luxe, en gardant leur allure d'antan.
Comme
d'habitude, en tant que zythophile confirmé, je recherche la brasserie
artisanale du coin. Une se détache du lot, le Brew York (admirez le jeu
de mots), sur les bords de la Foss, un grand entrepôt qui brasse
quelques dizaines de bières différentes, dont une vingtaine sont
proposées à la pression dans une grande salle bruyante et bondée. Je
m'installe sagement sur un bout de table avec deux demi-pintes, très
correctes, mais sans grande originalité. J'y retourne deux jours plus
tard pour compléter mes connaissances, avec le même constat. En
repartant, je découvre une seconde salle, encore plus grande que la
première, histoire de me confirmer l'amour immodéré des Anglais pour la
bières, au-delà des classiques ales d'antan. Cela est confirmé par les
innombrables pubs de la ville, eux aussi remplis de locaux avec presque
tous une pinte sur leur table
Trois nuits durant, je loge dans une petite pension à un kilomètre du centre, la Burton Stone Inn. C'est en fait un combo, avec au rez-de-chaussée un petit pub, et à l'étage quelques chambres. J'ai pour ma part le privilège de disposer d'un grand appartement, avec cuisine, sous les combles, au second étage, bien au calme, et décoré en style 'so british'. J'y festoierai plusieurs fois, ayant trouvé une bonne boulangerie très anglaise, Thomas the Baker, pour des 'mince pies' et des 'Bakewell tarts' goûteuse. Dans la même veine, je ne puis échapper à un 'Yorkshire pudding' de rigueur dans le pub du Fat Badger (le Gros Blaireau !). Plus exotique, je dîne un soir en mode népalais chez Everest Gurkha, pour en ressortir un peu déçu par des épices trop discrets dans la spécialité locale des "Mo-Mo", les raviolis frits du pays.
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