Marchés de Noël alsaciens


Cette année, nous avons pu arriver en Alsace quelques jours avant Noël et profiter ainsi de l'ambiance particulière qui y règne. Grandes et plus petites villes comme villages, chacun célèbre à sa manière et avec ses moyens cette fête essentielle en terre germanique, générant une atmosphère différente de celle de l' "intérieur" qui a 
je trouve des relents bien plus commerciaux. Pourtant, si l'on s'intéresse au marché de Noël de Strasbourg, le plus connu, le plus fréquenté, on se dit que cette dimension marchande a déteint sur la capitale alsacienne. Je ne m'étais pas rendu au Marché de Noël de Strasbourg depuis près de dix ans : il me semblait déjà à l'époque quelque peu frelaté, et les choses ne se sont pas améliorées. Que la fréquentation soit devenue internationale - toutes les langues et tous les types s'y rencontrent -, passe encore, résultat d'une publicité efficace et de la globalisation du tourisme. Que la surface occupée et le nombre d'échoppes aient explosé, logique. Mais les cabanons qui pullulent partout proposent de l'alimentaire de qualité variable, transforme le marché mythique en "food hall" de plein air où l'on mâche, avale, déglutit avec constance. Et ceux qui ne vendent pas de vin chaud ou de sandwichs au foie gras proposent un artisanat là aussi de niveau fluctuant, on y trouve du beau (un peu), du correct et les inévitables chinoiseries en plastique. Ajoutez-y la foule qui se presse - le succès est au rendez-vous - au point qu'y déambuler devient vite pénible, et nous écourtons vite notre promenade strasbourgeoise autour de la cathédrale.

Nous quittons donc cette foire un peu surcotée pour retrouver le calme en passant l'un des ponts qui franchissent l'Ill, la rivière dont les deux bras enserrent l'hypercentre de Strasbourg. Le long de l'Ill, puis par le boulevard de la Victoire, nous passons ainsi devant les beaux Bains Municipaux, construits à l'époque allemande, fin du XIXème siècle, dans un style croisé de néo-baroque et d'Art Nouveau. Sans nos maillots de bain, nous ne pouvons qu'admirer le hall d'entrée, mais l'espace du bassin semble splendide si l'on en croit les images. Plus loin, le Planétarium a fait peau neuve, mais rien n'est proposé à l'horaire auquel nous y passons, et nous poussons jusqu'au Musée Zoologique un peu plus loin. Celui-ci aussi vient d'être refait de fond en comble (j'ai lu un article sur cette transformation qui m'a alléché), avec une muséographie moderne, remettant en perspective les vénérables animaux naturalisés avec l'évolution de la planète. Trois représentations me marquent. De mon enfance, je garde le souvenir du cœlacanthe, ce poisson-fossile très rare à l'époque, dont un exemplaire faisait la fierté du musée : il est toujours là, bien mis en valeur dans une sorte d'aquarium, et je le retrouve avec émotion. Je découvre aussi les Blaschka, des reproductions étonnantes d'organismes aquatiques, tels des méduses, en verre filé, créés par des artisans verriers allemands il y a un siècle, et dont les œuvres sont magnifiques, à la confluence de la science et de l'art. Enfin, à l'entrée, un puits flanqué d'une collection de squelettes ou d'animaux empaillés, surplombe le hall et donne le tempo.

Puis nous retournons vers la gare en passant par le quartier populaire de la Krutenau, en pleine mutation, l'ancienne Manufacture des Tabacs, reconvertie en incubateur de start-up et en hub de restaurants et bars, puis le quai des Bateliers, désormais fermé au trafic automobile et devenu une agréable promenade au fil de l'eau.

 

Ces quelques jours avant Noël, les marchés de Noël des villages alsaciens sont terminés, dommage car ce sont ceux qui me semblent les plus authentiques, et ils ne reste donc plus que ceux des plus grandes villes. Après Strasbourg, nous faisons connaissance avec celui de Sélestat. Celui-ci a la particularité d'être focalisé sur les sapins de Noël, pour la bonne raison que le texte le plus ancien (1521) faisant référence à l'Arbre de Noël vient d'un livre de compte de la ville de Sélestat. Quatre places de la ville sont occupées par les habituelles cabanes, chacune avec son sapin spécifique. Bon, cela n'a pas de caractère particulier, avec ses étalages largement alimentaires, et le lieu le plus intéressant est sans doute au complexe Sainte-Barbe, avec une animation de Noël au rez-de-chaussée, un bel artisanat local au premier, et une exposition de sapins de Noël au second, créés avec toutes sortes de matériaux par des habitants.

Dernier marché parcouru, celui d'Obernai. Si la ville est plus petite, elle est très touristique, et il y a foule sur les deux places centrales, avec les inévitables baraques au pied de la mairie et du beffroi. Ce petit marché reste sympathique car ramassé sur un espace étroit, surplombé par l'église et le beffroi un peu violemment éclairés pourtant.

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