Brassage lillois

Juste après mon midweek anglais, je reprends le TGV, toujours vers le nord, jusqu’à Lille. Le prétexte en est une après-midi de brassage de bière en compagnie de mon fils, Lillois d'adoption depuis une dizaine d'années. Notre lieu de perdition est bien caché dans la périphérie lilloise, à Roncq, dans une zone d'activité au bord d'une anonyme rocade. C'est là que la brasserie "At Home Bière" propose des mini-stages de brassage dans une grande pièce, à côté d'un salon- bar. C'est très artisanal comme activité, sur une paillasse quelques grandes bassines dans lesquelles la quinzaine d'apprentis brasseurs que nous sommes enchaîne les premières opérations : empâtage du malt d'orge dans l'eau et chauffage en plusieurs paliers, percolation et filtration de la maische, ébullition pour stériliser, ajout du houblon. Au bout du compte, nous aboutissons à une solution filtrée qui va plus être être fermentée après adjonction de levure, et mise en bouteille comme opération finale. Puis dans un mois environ, nous serons invités chacun à venir retirer trois bouteilles (75 cl) de notre production artisanale, étiquetées selon notre choix. C'est ludique, sous la houlette d'un passionné qui répond à nos interrogations, nous apprend moult choses sur notre breuvage favori, et les quelque 3 heures 30 passent en un rien de temps. Il est vrai que nous nous interrompons plusieurs fois, tandis que la chauffe se poursuit, pour  déguster : nous aurons testé la bagatelle de cinq types de bières dans l'après-midi ! Dont les deux seules brassées par At Home (dans un autre lieu), l'athome blonde et l'athomic triple, simples et réussies, avec du caractère. Ou encore deux autres non étiquetées, brassées lors d'une session précédente et pas réclamées par leurs auteurs, curieusement très différentes l'une de l'autre bien que préparées avec la même recette ! Une bonne après-midi, instructive autant que festive.


 

Le lendemain, je profite du dimanche matin avant de reprendre mon train pour Paris, pour faire un petit tour dans le centre de Lille. Depuis le basique Resid'Hotel dans le quartier Vauban, où j'ai passé la nuit, je remonte la rue Nationale, passant devant le square Foch avec sa statue du P'tit Quinquin, ce petit enfant bercé par une chanson traditionnelle en chti, emblématique du Nord et de sa classe ouvrière. La Grand Place est parée pour Noël, sa grande roue en mouvement et son (i)conique sapin de Noël bien dressé. Je jette un œil en passant aux bâtiments des alentours, de l'Opéra à la Vieille Bourse, en allant au Musée de l'Hospice Comtesse. L'ancien hospice du 17ème a été reconverti en un beau musée d'art et d'histoire qui retrace la vie des siècles passés. Au rez-de-chaussée, les salles de la communauté (cuisine, réfectoire, parloir, pharmacie et lingerie) restituent l’atmosphère des maisons flamandes, et je suis inévitablement attiré par l'officine qui présente notamment d'anciennes Pharmacopées. A l'étage, l'ancien dortoir des religieuses est une accumulation un peu brouillonne d'objets très variés couvrant l'histoire et la vie de la région durant ces siècles. En repartant, sous la pluie, on jette encore un coup d’œil à la vaste et oblongue salle des malades, à la chapelle à la majestueuse voûte en bois, à la cour d'honneur aux teintes orangées.


Je finis par le paragraphe culinaro-alimentaire, avec un dîner à Lambersart, au Bistro 235 sur la rupine avenue de l'Hippodrome, pour un repas style brasserie (tartare de bœuf pour moi, lequel eût gagné à être plus relevé). Le lendemain, brunch dans le vieux Lille, au Tigermilk, un resto mexicain qui ne résonne pourtant pas vraiment ainsi avec son menu-brunch, pancakes et granola, pour une collation inhabituelle pour moi, mais fort sympathique. Enfin un arrêt quasi-obligé chez Meerts pour leurs incomparables et dispendieuses gaufres à la vanille, que je ramènerai à Paris.



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