Vive la ville de Vic

Depuis Gérone, nous continuons notre chemin vers le soleil couchant. L'étape suivante nous emmène du côté de Vic, une ville dynamique de 50.000 habitants dont les origines remontent au Moyen-Age, et qui présente donc un quartier médiéval que nous parcourons à pied dimanche après-midi. L'épicentre en est la Plaça Major, la plus grande de Catalogne, avec ses belles étroites maisons aux tons jaune, ocre, rouge, au-dessus des arcades ogivales. Sa vaste esplanade a ceci de particulier qu'elle est restée en l'état, non imperméabilisée, recouverte d'une couche de sable sur laquelle est installé chaque jour un marché animé. Cet après-midi, un orchestre local cravaté de rouge joue des airs de sardane, sur lesquels des danseurs se tenant les bras comme il se doit dans cette traditionnelle danse catalane virevoltent dans un coin de la place.

Autre lieu emblématique, la Cathédrale de Sant Pere, imposante et sombre avec ses colonnes carrées, noires dorées qui lui donnent, je trouve, un air de temple égyptien. Du côté des ramblas en plein travaux, le pont Queralt en pierre, original avec son tablier percé d'orifices, donne un autre touche médiévale. Et puis au hasard des rues resserrées, on tombe ici et là sur une maison ancienne garnie de ferronneries ou d'ogives. Un arrêt pour finir au Musée du Cuir, dans un grand bâtiment moderne où nous sommes seuls à admirer des objets exclusivement faits de cuir, de vache, d'agneau, de chèvre, peints, travaillés, dans masques et selles, paravents et chaises, de diverses époques.  Le soir venu, nous prenons notre ration de bons tapas au Barmutet, asperges, morue, rognons, arrosé de vermout local, ambiance catalane garantie en plein cœur du vieux Vic.

 

Nous logeons dans le petit village de Roda de Ter, à quelques kilomètres de là, dans un appartement bien arrangé, au premier étape d'une petite maison, une base bien située pour sillonner les environs. Le village est traversé par une grande route, avec pas mal de trafic, dont la déviation est réclamée par les habitants à grand renfort de panneaux sur leurs habitations. Le centre est heureusement préservé de ce trafic et propose un musée archéologique bien caché, un vieux pont et quelques jolies maisons. Nous faisons une bonne promenade le long de la rivière Ter, salués par un héron cendré, avant de faire demi-tour sous la pression de la pluie.

 

Le village voisin de Sant Julia de Vilatorta est mentionné comme le lieu de villégiature des riches habitants de Vic. En effet, arrivant en longeant une avenue bordée de grands arbres, de somptueuses demeures sont alignées, en une sorte de mini-Neuilly (sur Seine) local. Une jolie petite place accueille l'église, mais je dois avouer que nous consacrons plus de temps à la pâtisserie Crossandra, dont le cheesecake que nous y achetons s'avère tout bonnement exquis. Mais nous sommes d'abord venus pour parcourir la petite boucle de quelques kilomètres qui nous fait visiter la campagne alentour. La chaîne des Pyrénées toute couronnée de neige offre une toile de fond magnifique, qui contraste avec bonheur avec les nombreux coquelicots qui piquettent les champs.

Une dernière balade nous emmène vers Savassona, au-dessus de Tavernoles d'un côté, et du lac artificiel de Pantà de Sau de l'autre. Dans la montée, plusieurs rochers (des Sorcières, du Sacrifice) présentent des gravures datant du néolithique, rappelant des pratiques ancestrales. On atteint enfin la jolie chapelle en pierre de Sant Feliuet de Savassona. Une fois débarrassés d'un bruyant groupe de vététistes qui ont réussi on ne sait comment à se hisser là-haut, l'on profite d'une superbe vue sur toute la région, depuis un socle rocheux dans lequel des bassins retiennent l'eau dans de petites piscines. Un endroit étonnant.



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