Autour du Cap Creus


Notre séjour catalan côté espagnol commence autour du Cap Creus, non loin de la presqu'île de Cadaquès. On ne peut éviter ici de parler de Salvador Dali, qui a droit à son article spécifique, je ne veux pas avoir d'ennuis avec son égo. Pour rester au calme, nous sommes installés un peu à l'intérieur des terres, dans le village de Palau Saverdera, où un ensemble touristique de qualité (Mas Cusi) sur les hauteurs profite d'une vue panoramique vers la mer, que nous pouvons apprécier depuis notre large terrasse orientée plein sud. Pour élargir encore le point de vue, nous nous offrons le premier matin une bonne petite grimpette jusqu'à une chapelle blanche de Font Onofre perchée dans la petite montagne au-dessus de nous : si le bâtiment ne vaut pas tripette, la vue est impressionnante depuis là-haut, et nous sommes tout seuls pour en jouir.



 

L'après-midi, la pluie est de retour, nous attendons la fin de journée pour faire un tour dans la ville balnéaire voisine de Roses. Rien d'ébouriffant, d'autant que le site majeur, la Ciutadella (16ème siècle) est fermée ce lundi. Nous nous contentons de nous balader le long de la large plage de sable, ponctuée de rigolotes statues plates et métalliques, jusqu'à l'actif port de pêche, défiant les nuages noirs qui s'accumulent à l'horizon, ayant la bonne idée de nous épargner. Au passage, nous faisons quelques emplettes très pratiques dans un immense entrepôt qui propose un incroyable choix d'objets pour tous usages, tout cela fabriqué (et vendu) par des Chinois bien sûr !

Le lendemain, après notre passage à Figueras, nous faisons un stop l'après-midi dans le joli village médiéval de Peralada non loin de là. Curieusement, le Castell n'est pas inclus dans les respectables murailles du bourg, mais situé un peu à l'écart, car reconstruit plus tard. De ce fait, il est aussi flanqué d'un beau jardin, et a pu se transformer en hôtel-restaurant de grand luxe, agrémenté d'un musée d'art réputé. Nous faisons l'impasse sur cet ensemble très ostentatoire pour flâner dans les ruelles désertes de la partie la plus ancienne, admirant les étroites maisons alignées, les placettes endormies, les plantes déminéralisant ici et là les vieilles pierres. C'est beau, c'est reposant, ça change de Salvador.

Nous finissons la journée non loin de notre port d'attache, au monastère de Saint Pere de Rodes, à 500 mètres d'altitude dans la Sierra de Verdera, considéré comme le chef d’œuvre de l'architecture romane catalane, créé au 9ème siècle par des moines bénédictins. Détruit et abandonné au fil des siècles, il a été restauré il y a une centaine d'années. Si cette reconstruction le fait apparaître un peu trop neuf par endroits, l'ensemble reste imposant, de la haute nef de l'église à la Torre de Sant Miquel, en passant par le cloître. Et évidemment on y a droit à une vista d'enfer sur la côte vers le nord et la France.

Dans nos alentours, Cadaquès est bien sûr la destination la plus prisée des touristes, pour le charme de son village comme pour la présence de Dali. Au bout d'une route tortueuse qui doit être longue à parcourir quand les cars de touristes s'y engagent pour la rejoindre, nous rejoignons ce village tout blanc, heureusement encore à peu près calme, hors saison et hors week-end. Il fait bon s'abandonner au hasard des ruelles pour monter jusqu'à l'église de Santa Maria, marchant sur les pavés d'ardoise et les gros galets (rastell) qui composent le sol. Au hasard du chemin, le vert des vigoureuses plantes grimpant le long des murs blancs voisine avec les plaques colorées mimant des marines bleutées figurant la mer autour du Cap Creus. Plus bas, le long du port, de superbes demeures modernistes, début 20ème, Casa Rohala  ou Casa Serinya, affichent leur contraste avec les maisons de pêcheurs perchées sur la butte voisine. Plus tard, nous longeons par le sentier côtier une partie du Cap Creus, pour une découverte plus large de l'élégante baie qui abrite Cadaquès la magnifique. Avec en récompense ultime une glace chez un artisan aux parfums inventifs et au goût idyllique (Joia).

 


 

Quittant notre Mas Cusi pour Gérone, non loin de là, nous avons du temps sur notre route pour une double escale sur des lieux délaissés des foules de la Costa Brava. Tout d'abord le parc naturel des Aiguamolls de l'Emporda, une vaste zone marécageuse qui sert de refuge aux oiseaux pendant leur migration. Un joli circuit à peine fréquenté par quelques photographes ornithologues nous fait longer canaux et étangs, où de nombreux oiseaux, échassiers (flamants roses), canards, passereaux, s'activent, ainsi que des mammifères puisque depuis l'observatoire central, nous observons d'en haut les déplacements d'une harde de daims, puis repérons un ragondin qui nage dans un étang.


Un peu plus loin, sous un chaud soleil enfin revenu, nous visitons le site antique d'Empuries, fondé par les Phocéens, puis occupés par Grecs et Romains. La partie grecque est en bord de mer, les colonnes répondant aux pins maritimes dans un cadre somptueux, tandis que la partie romaine s'est développée plus haut, avec notamment une immense villa aux multiples mosaïques. Entre les deux villes, le musée présente les trouvailles de ce site, mosaïques, coupes, statues, l'un des plus importants de l'Espagne d'aujourd'hui. 






 

 

 

 

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