Le Roseau de la Dominique


Nous passons la seconde moitié de notre séjour à la Dominique au sud de l'île. Au passage, nous repassons par notre loueur de voiture (Island Cars Rental), car notre pot d'échappement s'est affaissé et tutoie dangereusement la chaussée. Pas de problème, on nous change notre véhicule et nous repartons avec exactement le même Suzuki blanc. Nous atteignons notre hôtel de Roseau, la capitale : c'est le seul véritable grand hôtel de la ville (Fort Young), très dispendieux, et destiné à une clientèle internationale aisée. Notre chambre, confortable et classique, ouvre depuis le 11ème étage sur la mer, d'où nous avons le soir le coucher de soleil droit devant nous. Nous sommes aussi au premier plan pour les départs et arrivées des bateaux de croisière qui chaque jour jettent l'ancre le matin pour repartir le soir. La logistique est bien place pour profiter de cette manne : les échoppes sous des petites tentes blanches s'alignent sur le quai en face du bateau en proposant leurs babioles aux croisiéristes, une cohorte de bus et mini-vans à la queue leu-leu vient chercher les touristes pour les emmener à leur excursion du jour, il y a même une quinzaine de courageux qui partent en VTT sillonner les alentours - bon courage avec la conduite locale souvent agressive sur les routes étroites !


Non loin de l'hôtel, sur les quais en face de l'embarcadère, un modeste bâtiment, ancien bureau de poste, tient lieu de Musée National de la Dominique. C'est un peu pompeux pour un lieu modeste, plutôt vieillot, mais qui offre une foule d'informations en un fourre-tout sympathique. On y trouve des infos sur la géologie et le volcanisme, des meubles coloniaux et des objets arawaks (les habitants initiaux), des reproductions d'animaux, un survol de l'histoire de l'île, dans un ordre un peu aléatoire, mais on en ressort avec dans la tête un patchwork de la Dominique.


Nous reprenons ensuite la voiture pour rejoindre le point le plus méridional de l'île, au niveau de Scotts Head, une presqu'île qui avance au niveau de ce petit village du bout du monde. C'est très calme, quelques locaux traînent le long de la plage, certains pêchent, quelques petites maisons, toujours aussi colorées, font face à des cabines de plages multicolores elles aussi. Il n'y a rien de spécial à faire, juste prendre son temps et profiter de l'instant. Nous montons sur la petite éminence qui pointe au sommet de la presqu'île pour embrasser d"un coup d’œil la baie qui va jusqu'à la petite ville de Soufrière plus au nord. Les alentours sont réputés pour le "snorkeling" (palme-masque-tuba pour visiter d'en haut les fonds marins), mais il se fait tard et le soleil commence à piquer du nez, pas pour cette fois.





Dernière sortie vers le centre de l'île, et le Parc National du Morne des Trois Pitons. Nous montons jusqu'au lac de Freshwater, dont on peut faire le tour au cours d'une belle balade multi-recommandée. Mais arrivés là haut après un trajet ensoleillé, la pluie se met à tomber dru. Nous décidons de reporter la rando, comptant sur une météo plus favorable l'après-midi. Quand nous remontons, la pluie a cessé, mais les randonneurs que nous croisons reviennent du tour de lac crottés jusqu'à la taille, pas très engageant. Et le temps de casser la graine, abrité dans le centre d'informations, la pluie repart de plus belle. Nous attendons un peu une éclaircie hypothétique, avant de retourner plus tôt que prévu en bord de mer, où le soleil n'a pas faibli. Entre temps, nous avons quand même pu effectuer une petite virée aux Trafalgar Falls, deux belles chutes d'eau encadrant un morne verdoyant. C'est facile d'accès, il y a beaucoup de monde, les plus courageux poussant jusqu'aux bassins en contrebas pour s'y baigner. Chemin faisant, nous surprenons crabes, grenouilles et lézards qui profitent de l'humidité ambiante.


Avec cette balade tronquée, nous avons du temps pour profiter du confort de notre hôtel de luxe, et de sa vue imprenable devant laquelle bouquiner. Je m'offre aussi une petite trempette à la piscine en-dessous. Le resto de l'hôtel où nous déjeunons un midi est très correct, mais sans originalité. Nous avons trouvé beaucoup mieux dans la vieille ville non loin de là. La Lacou Melrose House est installée dans une maison coloniale, d'une famille de planteurs du XVIIème, avec un bel intérieur dans son jus de pierre et de bois, et un jardin en pleine ville. C'est le meilleur restaurant que nous aurons fréquenté de notre quinzaine antillaise. Un cadre cossu, un service efficient, et des plats alliant originalité et délicatesse. Nous y allons deux fois d'ailleurs, et nos ceviche de coryphène, tataki de thon et schnitzel de marlin (surprenant), sont délicieux, tout comme tarte au citron et banoffee en dessert. Une remarquable adresse.

Au terme de cette petite semaine sur la Dominique, nous en gardons l'impression d'un pays plutôt pauvre et pourtant gai, qui essaie de s'en sortir grâce au tourisme, même s'il y a encore beaucoup à faire pour en exploiter les opportunités. Mais la voie d'un tourisme raisonnable, orienté vers la nature, est un bon choix. Reste à le convertir, par exemple en gérant correctement les ordures, qui prolifèrent dans leurs sacs en plastique noirs.

 

 

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