Dans la forêt solognote
Notre traditionnel week-end entre vieux amis nous mène cette année en Sologne, et plus précisément au sud de celle-ci, à la limite du Berry. Arrivant dès le vendredi soir, de nuit, nous sommes un peu surpris de nous enfoncer en pleine forêt, sur une piste cahoteuse, sur quelques kilomètres, pour rejoindre le lieudit du Grand Monboulan, sur la commune de Theillay (Loir-et-Cher), et le gîte de la Chouette, l'un des trois hébergements proposés par les propriétaires, qui habitent non loin de là, et qui nous accueillent chaleureusement. Comme les deux autres gîtes ne sont pas occupés, nous sommes absolument tranquilles pour ces deux nuits et deux jours. Mais si on nous promet des brames de cerfs au clair de lune, ce seront plutôt les vrombissements d'un circuit de karting qui feront office de fond sonore le matin ! Le gîte est vaste, confortable, bien équipé, retapé par le proprio qui a fait preuve d'imagination en recyclant ici et là de vieux meubles, ou du bois de bouleau. Il fait frisquet en cette mi-décembre, et la cheminée sera mise à contribution et appréciée, lors des apéros ou jeux du soir.
Le samedi matin, c'est le traditionnel tour au marché le plus proche pour acquérir de quoi de sustenter durant notre séjour, en l'occurrence au marché de Salbris. Un petit marché où nous trouvons pourtant notre bonheur, dans une petite ville qui apparaît quand même un peu tristounette. L'après-midi, nous profitons de notre situation au milieu des bois pour nous faire une bonne balade d'une dizaine de kilomètres, autour du ru de la Rère, jusqu'au hameau de La Loge côté route, et de la maison du Ponceau de l'autre côté. Nous restons pour l'essentiel sur de larges chemins, sur lesquels il n'y a quasiment aucune circulation automobile puisque ce sont des culs-de-sac. Nous ne pouvons guère nous écarter du chemin, tous les abords étant invariablement étiquetés "Propriété privée, passage interdit", voire "Attention, pièges" ! Nous passons devant quelques rares maisons, allant du petit pavillon de chasse jusqu'à la vaste ferme de style solognot, bien retapée. En effet, la chasse est l'activité des lieux, comme nous l'indiquent les coups de feu épisodiques et des panneaux avec la mention 'Attention, chasse en cours'. Mais notre périmètre ne paraît heureusement pas visé. En tout cas, nous ne verrons aucun animal, sinon un faisan, lors de nos diverses pérégrinations. La Sologne est une région humide, et cette partie ne fait pas exception, rus et fossés parcourent la forêt, que de petits ponts ou des gués boueux permettent de franchir, débouchant parfois sur des étangs. Les couleurs de l'automne jettent leurs ultimes feux, offrant de jolis jeux de reflets sur étangs et rivières.
Le lendemain dimanche, nous remettons cela pour une promenade plus courte, au cours de laquelle nous nous contentons de sillonner la propriété du Petit Monboulan, en longeant son périmètre pour ne pas empiéter sur les terres des voisins. Nous avons tout loisir de contempler les vieux chênes ou les alignements de bouleaux, qui se reflètent sur le miroir de l'étang de la propriété.
Il est l'heure de se séparer, que chacun rejoigne ses pénates respectifs. Pour notre part, nous faisons un dernier petit détour pour aller parcourir le village voisin de Mennetou, sur le Cher, malgré le temps maussade et un fin crachin. Le village date du XIIIème siècle, lorsqu'une forteresse ceinte de murailles y fut construite. C'est tout petit, et fort bien conservé, on parcourt le plan carré via la grande rue, longeant les remparts et leurs tours défensives, puis les ruelles côté rivière, passant devant quelques constructions bien mises en valeur : la Grange aux Dîmes, les Portes d'En Haut et d'En Bas, des maisons à pans de bois, le Prieuré et l'église (St-Urbain) pour finir. C'est tout mignon, même si la météo ne met guère en valeur l'ensemble, qui doit être plus attirant sous le soleil.
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