Chez les Breteuil
Fin de notre grand week-end en Chevreuse. En fin de matinée, nous gagnons le Château de Breteuil, à Choiseul. C'est l'occasion de faire connaissance de la famille Breteuil, oui, oui, celle de l'avenue de Breteuil, en vert foncé dans le vieux jeu de Monopoly ! Nous y "croiserons" des personnages historiques, tels que François-Victor, ministre de Louis XIV, Louis Auguste, Premier Ministre de Louis XVI, qui échappa à la guillotine en émigrant, ou encore Gabrielle-Emilie, remarquable à plus d'un titre : physicienne et mathématicienne émérite, d'autant plus méritoire que c'était au XVIIIème, et amante de Voltaire le philosophe. Le domaine est dans la famille dite Breteuil Le Tonnelier depuis plus de 300 ans, puisqu'aujourd'hui le propriétaire actuel Henri-François a transmis le château à son fils. La famille a ouvert l'ensemble du château au public, habitant pour sa part dans un des pavillons a l'entrée du domaine. La visite, en partie guidée, vaut vraiment le coup. On y parcourt une dizaine de pièces, toutes meublées, et égayées de mannequins qui retrace les personnages historiques de la famille, et les événements auxquels elle participa, telle la création de l'Entente Cordiale en 1904. Durant ces 300 ans, la famille a accumulé les portraits de ses illustres membres, plus récemment aussi des photos, des objets leur ayant appartenu, notamment une belle collection de vaisselle, formant un compendium impressionnant narrant non seulement l'histoire d'une famille, mais en filigrane l'histoire d'une noblesse. L'on croise aussi au fil de la visite d'autres célébrités qui sont passé par le château, tel Marcel Proust, dont un personnage s'inspire de Henri de Breteuil, ou bien Charles de Perrault, proche des Breteuil, qui eut une carrière politique sous Louis XIV avant d'écrire sur le tard ses fameux Contes. Il apparaît tout au long du parcours dans le château avec des références à ses contes les plus connus, et en particulier plusieurs automates reproduisant le fameux Chat Botté, pour le plus grand bonheur des enfants.
C'est en tout cas la première fois que je visite un château autant ancré dans son histoire, avec un tel foisonnement d'informations, permettant une immersion encore accentuée par les saynètes recomposées dans la plupart des pièces. Au sous-sol, la vaste cuisine est comme souvent un morceau de choix, avec ses batteries de cuivres accrochés aux murs, les fourneaux et pianos, le tableau d'appel des domestiques, la cave regorgeant de grands crus.
Nous faisons ensuite un bref retour à Chevreuse, où tout est fermé en ce lundi 11 novembre, et où nous sommes bien contents de trouver des sandwichs dans une boulangerie, que nous avalons vite fait sur une petite place. Puis repartons finir notre excursion de deux jours du côté des Vaux de Cernay. L'abbaye a été transformée en hôtel-restaurant de luxe, que nous boudons pour aller faire une dernière petite balade le long du Ru des Vaux, tandis que résonnent des coups de feu derrière nous, des chasseurs ou des clients de l'hôtel s'entraînant au maniement des armes à feu. Un rayon de soleil daigne enfin faire une petite percée durant une petite heure, rendant tellement plus photogéniques les feuilles, qui offrent alors des nuances éclatantes de vert, de rouge, de jaune. Longeant l'étang de Vaux, nous arrivons au Petit Moulin des Vaux et à sa cascade, qui après son activité de meunerie servit ensuite d'auberge, où une petite colonie de peintres paysagistes avait ses habitudes. Moins célèbres que ceux de Barbizon, ils ont pourtant aussi laissé leurs traces, même si leurs noms, Léon Germain Pelouse, leur chef de file en tête, ne sont que peu connus du commun des mortels. Un buste en bronze de Pelouse, et quelques panneaux, sur le chemin rappellent cette école.
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