Un Tour de Suisse en train

Pour ce nouveau voyage en Suisse, après le Valais et le Tessin l'été passé, c'est le train que nous utiliserons comme moyen de transport. Pour nous rendre là-bas, en TGV depuis Paris jusqu'à Lausanne, puis sur place pour notre périple aux 4 coins de la Confédération Helvétique, ou presque. Brochures et relations nous ont vanté le confort et la ponctualité des trains helvètes, en plus c'est écolo, à défaut d'être écono(mique), du fait du niveau élevé du Franc Suisse

Notre voyage nous mènera des bords du lac Léman vers Interlaken, blotti entre ses deux lacs, puis Lucerne, elle aussi sise au bord de son lac, continuant jusqu'à Coire le plus à l'est, dans les Grisons, pour finir par Zermatt et la montagne avant de revenir à Lausanne. Nous nous offrons deux trajets avec ces fameux trains dits panoramiques, de Montreux à Interlaken, puis de Coire à Zermatt. Ceux-ci ont la particularité d'offrir de hautes fenêtres, bien propres de surcroit, ainsi qu'un toit en partie vitré, ce qui donne une très large vue sur le paysage, on se croit presque dans une bulle transparente qui parcourt le paysage suisse. Le reste des trajets se fait dans des trains plus classiques, mais qui restent très respectables.

Le premier tronçon, à partir de Montreux, nous emmène dans l'Oberland Bernois, grimpant dans la moyenne montagne, traversant des villages croquignolets aux chalets bien entendu en bois, dont Gstaad, le plus réputé, fréquenté par jet set et artistes, mais où nous n'aurons pas l'occasion de nous arrêter. Petit désagrément au milieu du trajet, des travaux sur la voie nous obligent à changer de train à Zweisimmen, et à abandonner notre cocon du GoldenPass Express.

L'autre portion, la plus longue, nous mène des Grisons au Valais par le Glacier Express, peut-être le plus réputé, en passant par le col de l'Oberalp, pointant au-delà de 2000 mètres d'altitude. Nous shuntons le début du trajet depuis St-Moritz, connu pour ses viaducs et tunnels en spirale, mais il nous reste quelques passages marquants : les gorges de la vallée du Rhin, à Ruinaulta, puis l'Oberalp, auquel l'on aboutit après un long tunnel, passant d'un coup de l'obscurité au blanc immaculé, ébloui par un paysage resplendissant sous le soleil. Puis nous finissons le trajet par la montée vers Zermatt et le Cervin. Un magnifique voyage qui nous tient en haleine cinq heures durant, le rythme lent permettant de profiter tout son saoul des paysages, oscillant entre le vert et le blanc, avec ponctuellement le bleu de lacs. Ce sont bien entendu des trains pour touristes, trop lents pour le voyageur suisse, mais idéaux pour le touriste, pour peu qu'il soit suffisamment fortuné car les tarifs sont inversement proportionnels à la vitesse moyenne des convois. Nous croisons donc beaucoup de Suisses, souvent retraités en goguette, mais aussi pas mal d'Asiatiques, que ce soit d'Extrême-Orient ou de Moyen/Proche-Orient, qui sont visiblement attiré par la Suisse et ses montagnes, voire son chocolat et ses montres. 

 

Les autres trajets entre villes sont plus classiques, et nous permettent de vérifier que la ponctualité suisse n'est pas qu'un lieu commun. Il nous arrive cependant deux fois que soit annoncé un retard ... de 1 minute, quelle déchéance ! Avec pourtant un gros bémol, motivé par des raisons météorologiques. Pour notre dernière section, depuis Zermatt, nous allons devoir attendre 5 heures, par la faute d'une avalanche qui au petit matin a obstrué la voie unique descendant vers la plaine. Il faudra plus de quatre heures pour dégager, puis cadencer les trains et navettes en attente. Durant cette attente, nous patientons au froid dans la gare, puis heureusement dans un des wagons. Dans lequel nous nous retrouvons entourés de travailleurs saisonniers slovènes qui retournent au pays. Petit inconvénient, ils ne cessent de picoler pour passer le temps. Tout y passe, moult cannettes de bières, fiasques d'alcool non identifié, et bouteille en plastique de 2 litres remplie d'un liquide incolore, sans doute de la vodka, qui passe de main en main. Alors évidemment, le niveau sonore augmente au fur et à mesure de l'attente ...

  

Dernier voyage en TGV depuis Lausanne vers Paris, sans histoire, notre train ayant été épargné par la grève qui sévit en France ces jours-ci.



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