Coire et Grisons

Depuis Lucerne, le chemin de fer nous fait remonter quasi jusqu'à Zurich au nord, longeant les lacs de Zoug, puis de Zurich, changeant de train à Thalwil pour bifurquer plein est vers les Grisons et la Suisse orientale. Encore des lacs,  l'Obersee et celui de Walenstadt, parcourus sous la pluie avant d'atteindre Coire, le chef-lieu des Grisons, le plus oriental des cantons helvétiques. Coire, Chur en allemand, a une longue histoire remontant aux Romains, quand c'était la capitale de la Rhétie, le nom de rhétique s'appliquant encore par exemple au romanche, la quatrième langue officielle de Suisse, parlée uniquement dans les Grisons, une langue romane dérivée de l'italien, sorte de dinosaure linguistique qui survit encore ici et là. Mais revenons à Coire, curieusement construite à distance du Rhin qui coule quelques kilomètres en contrebas. C'est une petite ville animée, sans prétention, agréable, où il doit faire bon vivre au pied des montagnes. La gare, où passe le fameux Glacier Express que nous prendrons le lendemain, est située dans le centre moderne, qu'il faut traverser pour rejoindre l'Altstadt. Nous logeons sur la jolie place triangulaire d'Arcas, encadrée de hautes maisons colorées, dans un studio coquet, bien arrangé, qui change des froids appartements meublés à la va-vite pour la location. A midi, nous allons déjeuner dans un petit resto-boulangerie italien (nous ne sommes pas loin de la frontière transalpine), Da Mamma, justement tenu par une vénérable et énergique mamma. Les arancini sont délicieux, et les odeurs qui émanent de la cuisine donnent l'eau à la bouche pour la suite, venant des panettone et brioches juste sortis du four. Nous ne résistons pas à en acquérir un pour nos prochains petits déjeuners, qui se confirmera être délicieux ... et dispendieux (25 euros la brioche, tarif suisse plutôt qu'italien !). Au cours de notre balade, nous nous arrêtons pour nous désaltérer dans un bar branché (Lila Cafe Bar), une nouvelle occasion pour moi d'aller tester une des bières micro-brassées localement.

 

Nous disposons de l'après-midi pour faire un tour complet de la ville, passant par la gare, longeant la Pressur, le petit cours d'eau qui rejoint le Rhin, grimpant jusqu'à l'église catholique Sainte-Lucie et son séminaire pour surplomber les lieux, puis redescendant dans la vieille ville, pour jeter un œil à l'église Saint-Martin, la protestante, et aux ruelles environnantes, courettes cachées, un ensemble médiéval discret et plein de charme. Le soir venu, l'heure bleue, puis la nuit noire, viennent proposer une autre perspective de la vieille ville désertée.

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