Week-end en Pays de Bray
Notre traditionnel week-end d'automne entre amis de 40 ans et plus nous emmène cette année dans le Pays de Bray, aux confins de la Picardie et de la Normandie. Nous logeons dans une grande maison aux volets bleus, bien retapée, dans le village au nom long comme un jour sans pain de Ernemont-Boutavent. Au programme, comme à l'accoutumée, balades dans la campagne, dîner roboratif (raclette notamment) et jeux de société, rien que du très classique.
Samedi, il fait beau, on en profite, direction le village de Gerberoy. Inconnu au bataillon de mon côté, c'est pourtant un de ces lieux estampillés "Plus Beau Village de France". On s'en aperçoit vite car les Parisiens ont visiblement pris possession des lieux : restaurants haut de gamme, chambre d'hôtes de charme, maisons de campagne aux petits oignons, tout respire luxe, calme et volupté quand on parcourt les ruelles de Gerberoy. Mais il faut bien dire que l'ensemble est charmant. Les boutiques restent discrètes, le calme règne dans le village, les pavés, les maisons basses, les colombages colorés, les jardins fleuris, tout concourt à donner un vrai cachet et s'y promener en long et en large est un vrai plaisir. Nous finissons par le tour extérieur, un chemin de ronde bordé de platanes, jusqu'au croquignolet jardin des Ifs, blotti sous la muraille qui entoure Gerberoy. Ces remparts et murailles remontent bien loin dans le passé, une forteresse d'avant l'an mille que se disputèrent Français et Anglais, notamment lors de la Guerre de Cent Ans.
Plus tard, une autre excursion nous emmène à Saint-Germer-de-Fly, et son abbaye de bénédictins qui trône majestueusement au milieu du village depuis le XIIème siècle, illustrant la transition entre roman et gothique à travers l'évolution architecturale de l'abbatiale et la sainte-chapelle. Sur le chemin de retour, un dernier arrêt dans le gros bourg de Gournay-en-Bray, aussi soit dit en passant la patrie du petit-suisse qui est bien normand ! Si le centre ville n'est guère affriolant, on rencontre cependant ici et là quelques lieux intéressants, tels la collégiale Saint-Hildevert, l'ancienne fortification de la porte de Paris ou le Kursaal, sans oublier quelques maisons normandes à pan de bois.
Dernière visite le dimanche avant le retour en région parisienne, sous un temps tout gris et un crachin normand. Nous nous arrêtons à la Ferme de Bray, non loin de Forges-les-Eaux. C'est un domaine rural du XVIIème, superbement restauré, avec toutes ses dépendances à côté de la maison de maître, étang, grange, pressoir, colombier. C'est vaste, c'est beau, d'une richesse incroyable, le propriétaire, ancien agriculteur, ayant accumulé au fil des ans une quantité d'outils et d'informations ayant trait à la fabrication du cidre, du fromage ou du pain, le tout illustré par de vieilles photos et coupures de presse. Avec une mention particulière à la ruelle Froment, cette ancienne voie pavée qui se faufile entre moulins et granges, et qui reliait autrefois le village voisin de Sommery à l'abbaye de Beaubec. Nous avons droit en début de visite à une introduction par le maître des lieux, un vieux bonhomme passionné qui nous raconte comme il fait vivre tant bien que mal un tel domaine, jouant sur le tourisme (locations, pêche, ) pour conserver ce riche témoin du passé agricole normand.
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