Genève au soleil

Retour à Genève pour une formation chez un nouveau client. Selon mes bonnes habitudes, je me sers de l'après-midi précédente pour explorer les environs, en plus il fait un grand beau temps quand j'arrive au bord du Lac Léman sur les coups de midi. Je commence ma balade en longeant le lac, avec la perspective du fameux jet d'eau dont le panache blanc tranche avec le ciel azur. Un déjeuner rapide sur une terrasse donnant sur la mer, pardon le lac, avant de me rendre au plus près du jet d'eau (140 mètres de haut quand même le bougre), quitte à me mouiller la couenne au passage. En passant par le Jardin Anglais avec son horloge fleurie et la fontaine des quatre saisons, je rejoins l'épicentre de la ville, la place du Bourg-de-Four sur le sommet d'une butte, où se tenaient marchés et foires d'antan. C'est cossu, cela respire la Suisse bien portante, tandis que les tables des cafés appellent à une pause avant d'aller faire un tour à la cathédrale Saint-Pierre. On peut ne pas aimer sa façade néo-classique à colonnes, qui tranche avec l'austérité toute protestante de l'intérieur, ses stalles en bois gravé, ponctuées de mignons dragons ailés. Une visite s'impose à la curieusement nommée chapelle des Macchabées, qui amène une autre ambiance avec son gothique exubérant et ses peintures aux vifs tons bleus et or. 


Je repars vers le sud et Carouge par le Parc des Bastions, flanqué de l'Université de Genève, qui accueille sur ses pelouses ceux et celles qui profitent des dernières chaleurs de l'automne. On reste dans l'austère avec le Mur des Réformateurs, hommage figé et hiératique à Jacques Calvin et à ses disciples. De là, rejoignons et traversons l'Arve pour entrer dans Carouge. Petite ville limitrophe de Genève, elle affiche une atmosphère toute différente, familiale et un peu bohême, tendance chic cependant. Cette particularité plonge ses racines loin dans l'histoire, remontant aux temps (fin XVIIIème) où Carouge était une cité sarde, menant une politique libérale et tolérante, notamment envers les Francs-Maçons et les Juifs. Elle a gardé un petit air indépendant, avec une belle place bordée d'arbres de style provençal, des bars branchés, un cinéma art déco, des fontaines arborées, et une vie bourgeonnante, des gens qui discutent et se baladent un peu partout, des enfants qui jouent, Genève parait d'un coup bien loin. Zigzaguant dans les rues de la ville, je tombe sur une statue dorée de Titeuf, le gamin à la grande mèche blonde, héros d'une BD à succès, de son créateur Zep. En effet, c'est bien là que ledit Zep est né et a passé son enfance, allant à l'école au milieu de laquelle trône justement cette statue.

Le soir venu, fini le tourisme, je regagne en train les faubourgs de la ville, à Plan-les-Ouates, non loin de la France, où je loge dans un étonnant Hôtel des Horlogers, tout en bois blond, dans les couloirs duquel sont exposés des mécanismes d'horlogerie, et où les chambres n'ont pas de numéro, mais des heures (chambre 12h00, 12h15, 12h30, etc...). Juste à côté, un bon (et cher - nous sommes en Suisse) restaurant, le Café PLO, me sustente pour la nuit. Le lendemain, je rejoins à pied le site où je dois assurer ma formation. Je suis étonné de me retrouver dans un haut lieu du luxe genevois : des usines de fabrication de montres haut de gamme, des paquebots dirait-on (estampillés Rolex ou Philippe Patek), juste à côté de concessionnaires de voitures, mais pas n'importe lesquelles, Ferrari et Maserati ! Ma petite boîte pharma (Stragen) semble jurer un peu dans cet environnement. Je suis surpris de n'y rencontrer quasi que des Français y travaillant (ah, l'attrait du Franc Suisse), et vivant pour la plupart au-delà de la frontière, pour un accueil sympathique et intéressé.

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