Equipée drômoise vers Grignan
Après avoir abandonné dimanche après-midi l'équipe familiale de salariés devant retourner au turbin dès le lundi matin, le semi-retraité que je suis reprend la route en solo pour une petite équipée drômoise. Je redescends tranquillement vers ma destination du soir, aux confins de la Provence, en passant par les petites routes à l'intérieur des terres, quittant la vallée du Rhône. Le premier arrêt est pour Crest, bourgade de 10.000 habitants sur la rivière Drôme. Son principal attribut est la Tour de Crest qui domine la ville, donjon pentagonal du château primitif. Sinon, lorsque l'on se promène au hasard des rues, la ville apparaît un peu décrépite, et pourtant vivante. Il semble s'y développer une culture alternative, contestataire, écologiste, comme le montrent plusieurs échoppes ou commerces, telle cette officine anti-Linky ou plusieurs boutiques locales bio.
Je reprends la route vers le sud, passant par le coquet village de Saoû, bien fréquenté en cet après-midi dominical, au pied d'un haut synclinal qui forme une longue barrière avec ses trois becs. Voilà qui donne envie d'y revenir car les randonnées y sont réputées. Passant Bourdeaux, puis Dieulefit, je m'octroie un dernier stop au Poët-Laval, un drôle de nom pour un "des plus beaux" villages, encore un. J'y arrive aux alentours du coucher du soleil, l'endroit est quasi-désert en ce dimanche soir. La partie haute du village a beaucoup de charme, avec ses étroites rues pavées qui grimpent à l'assaut de la commanderie et de son donjon, nimbés d'une vespérale douceur lumineuse, tandis que le soleil darde ses derniers rayons qui font flamboyer les rougeoiements automnaux de la forêt environnante.
C'est la nuit tombée que je rejoins mon point de chute pour les deux nuits à venir, dans le petit village de Grillon. C'est un studio niché dans une belle maison de maître, avec piscine. J'ai droit à mon entrée privée, avec une petite cour dont je pourrai profiter par ce beau temps d'octobre. Bon, l'accueil est assez froid, pas grave, je ne verrai quasiment pas les propriétaires.
Le lendemain matin, je m'en vais à la découverte de la ville voisine de Grignan, un des hauts lieux de cette région de la Drôme. C'est le château qui attire d'abord l'attention. Il fut habité par Madame de Sévigné, et vient d'être rénové par le Conseil Départemental, au point qu'il apparaitrait presque trop neuf et trop beau. Depuis sa vaste terrasse, on embrasse toutes les aspérités physiques des environs, comme les Alpilles et le Ventoux au loin. Curieusement située au pied du château, quasi à pic de celui, la collégiale Saint-Sauveur est l'autre monument de la ville, abritant la tombe de Mme de Sévigné. Retour dans le vrai village, autour de la place ... Sévigné bien sûr. L'hôtel de ville, une fontaine surmontée d'une statue de qui vous savez, un beffroi et une flopée de bars et restaurants qui vous font de l'œil. Le soir venu, je jetterai mon dévolu sur l'Epicurieux, tenu par un affable patron d'origine italienne, fan de Ferrari comme le démontre la décoration de la petite salle, et qui surtout vous concocte des plats fleurant un cocktail de Provence et d'Italie, mais toujours goûteux et originaux.
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