Cendres ardéchoises
Expédition familiale, versant belle-famille, pour une cérémonie prévue de longue date, celle de la dispersion des cendres du père / grand-père / beau-père, décédé en début d'année, qui avait adopté la région de l'Ardèche et de ses gorges comme seconde patrie. Toute la tribu s'ébranle donc, en ordre dispersé et en TGV, jusqu'à Valence, d'où elle rejoint notre gîte sis en pleine nature, sur la commune de Rochessauve, non loin de Privas. Les propriétaires, M. et Mme Mouton, ont retapé de leurs propres mains une dépendance en pierre de leur ferme, dans laquelle nous logeons deux nuits durant tous les huit. Un endroit magnifique que ce gîte de Baradon, belle bâtisse à l'extérieur, tout confort à l'intérieur (chacune des 5 chambres a sa propre salle de bains, moderne et fonctionnelle), très bien équipée. Et ce qui ne gâte rien, nos hôtes sont charmants et viennent s'entretenir avec nous.
Samedi après-midi, j'arrive après les autres participants, après avoir déposé notre ami texan à Roissy pour son vol de retour. Les enfants me cueillent à la gare de Montélimar pour rejoindre directement l'entrée des Gorges de l'Ardèche. Le lieu retenu pour la "cérémonie" est le rocher de Sampzon, un belvédère en table inclinée, coiffé d'un station TDF, depuis les 381 mètres duquel la vue sur les environs, et bien sûr sur les gorges est imprenable. Première difficulté, le sommet est inaccessible, interdit par la station, nous devons chercher sur les parois un autre endroit pour réaliser notre tâche. Non sans mal, nous réussissons à nous hisser tous les huit sur une corniche rocheuse. Un peu à l'abri du vent, le lieu est propice, la lourde urne en bois que nous avons trimbalé sur notre dos depuis Paris est extraite du sac. Oui, mais comment l'ouvrir ? Nous essayons avec nos doigts, un bâton, des pierres même, de faire sauter le couvercle, sans aucun résultat. Après une demi-heure de vains efforts, nous renonçons la mort dans l'âme. Nous apprendrons plus tard que ce type d'urne, destinée à être gardée, est scellée, et qu'il faut demander une urne spécifique si l'on veut l'ouvrir pour dispersion. Nous avons l'impression d'être des Pieds Nickelés, mais cet épisode tragi-comique n'altère heureusement pas la bonne humeur de l'équipée.
Il nous reste un peu de temps sur le chemin de retour pour profiter du beau temps qui continue imperturbablement à nous accompagner depuis des semaines cet automne, et nous offrons une halte au joli village médiéval de Balazuc. On se promène au fil de ses ruelles, les calades. L'église romane Notre-Dame est à moitié en ruines, ce qui permet de se hisser jusque son toit ou ce qu'il en reste, et de profiter de la plus belle vue sur le village et sur l'Ardèche plus bas. Un grand pont à trois arches permet de rejoindre l'autre rive, où furent découvertes des traces humaines remontant à Néandertal. Le cours de l'Ardèche en partie à sec permet de gambader au fil de l'eau, avant de remonter par le vieux village, sans pouvoir s'approcher du château, désormais privé et inaccessible.
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