Villages sud-vendéens
Quand nous sommes dans notre havre rochelais, le tropisme maritime nous fait souvent nous tourner vers la côte et la mer, vers l'Ouest et vers le Sud. Pourtant il y a aussi de quoi s'occuper en piquant plein nord : vers le Marais Poitevin bien entendu, qui fait déjà partie de nos destinations favorites, mais aussi plus loin vers le Sud vendéen ; pas la côte, un peu fade à vrai dire, mais dans l'intérieur des terres, autour de Fontenay-le-Comte. SI nous n'aurons guère le temps de visiter Fontenay, bien qu'elle apparaisse attirante sous tous rapports - nous y reviendrons -, nous allons faire un tour dans les environs, notamment dans la forêt de Mervent toute proche. Cette dense forêt a posé son épais tapis vert tout autour d'un lac artificiel, formé grâce à un barrage datant de 1958, et approvisionnant la région en eau potable. Les méandres de ce nouveau lac découpent la forêt et offre un mélange aqua-forestier qui attire les amateurs de baignade comme de randonnées en sous-bois. Nous n'aurons guère le temps de nous promener sous les frondaisons, ce sera là encore pour une autre fois, et nous consacrons d'abord au village de Vouvant, un de plus estampillé "Plus Beau Village de France" ; celui-ci en tout cas mérite bien son titre, parfois discutable pour certains de ses congénères, envahis par la vague touristique ou confits dans leur joliesse trop apprêtée. Le village de Vouvant est blotti sur un promontoire surplombant la rivière Mère la bien-nommée qui serpente à ses pieds, formant d'un côté un petit lac grâce à un barrage en aval. On se gare au pied de la Tour Mélusine, donjon de l'ancien château disparu, sur la place du Bailli, pour aller faire un tour de la charmante cité médiévale. Après avoir admiré les vénérables maisons, la rue Basse des Remparts nous emmène au-delà de ces remparts, jusqu'à la champêtre rive de Mère. Un Jardin des Sens imaginé par un Vouvantais nous attire dans ses allées pour découvrir plantes médicinales et aromatiques. Nous poursuivons jusqu'au pont médiéval (XIIIème) et à un lavoir plus récent, avant de remonter vers l'église. Vouvant est une ville constellée de petits jardins, celui du Fournil au bord de l'eau attire notre regard, puis celui du Prieuré nous indique le chemin de l'Eglise Notre-Dame-de-l'Assomption. Le village a vu le jour au début du millénaire précédent, et l'église priorale date de cette époque. Au fil des siècles, celle-ci fut remaniée plus d'une fois, la dernière rénovation datant de 2019 à l'occasion du millénaire de Vouvant. Magnifique, attachante, ayant su rester authentique tout en se parant de ses plus beaux atours, Vouvant vaut plus qu'un détour sur la route de l'océan.
Mais il n'y a pas que Vouvant dans les parages. Si l'on peut faire l'impasse sur Mervent, gros bourg surplombant le lac du même nom, Foussais-Payé à quelques kilomètres de là mérite un arrêt. L'Eglise Saint-Hilaire, le prieuré de Payré, la maison de François Laurens, quelques logis vénérables et les fours à chaux font partie du circuit qui vous fait faire le tour du village. Je narrerai la pause dans un de ces logis, devenu bar-restaurant, le seul ayant survécu à Foussais. Une salle de restaurant qui ramène un siècle (au moins) en arrière, des plats proposés à quelques euros, et côté bar, un fouillis de quelques tables, une patronne dynamique et amicale qui apostrophe les clients, cet ensemble donnant une ambiance surannée et chaleureuse que l'on ne voit guère plus de nos jours, sinon dans le fin fond de la Vendée.
Dernière visite avant le retour vers la mer au Centre Minier de Faymoreau. Déjà on est surpris d'appendre que des mines de charbon fonctionnait par ici au XVIIIème siècle et jusqu'à sa fermeture en 1958. Un parcours didactique raconte l'histoire de la mine, de ses ouvriers, des habitants autour, un peu sur le modèle de sites du nord de la France. Après la visite, un tour des environs fait découvrir d'autres lieux qui existaient, et existent toujours, grâce au charbon. Des corons, un peu plus riants même que leurs congénères du Nord, accueillent encore aujourd'hui des habitants qui leur assure une nouvelle vie dans un cadre verdoyant et campagnard. L'hôtel-restaurant des Mines surprend un peu plus bas avec son style Art Nouveau. La Chapelle des Mineurs rappelle la dévotion des ouvriers, notamment italiens ou polonais, qui s'exprimait dans cette modeste église au charme indéfinissable. Récemment restaurée, elle a aussi été décorée de vitraux colorées, aux antipodes du gris associé souvent à la mine, conçus par l'artiste Carmelo Zagari, et qui une histoire de familles, mêlant habilement la "Sainte Famille" et les familles des mineurs des siècles passés.









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