Bastides et castelnaux en Armagnac

Qui dit Gers dit bastides, castelnaux, sauvetés : quelles sont donc les subtilités de ces appellations ? Le sauveté est le plus ancien, datant du XIème siècle, et consiste en un bourg construit autour d'une église ou abbaye qui assure sa protection. Un poil plus tard, le castelnau se construit autour d'un château, muni d'une enceinte pour sa sécurité. Enfin les bastides, à compter du XIIIème, sont conçues à partir d'une place rectangulaire ceinte d'arcades, au milieu d'îlots créés par rues et ruelles se coupant à angle droit. Si les sauvetés sont assez rares, les castelnaux sont présents dans le Gers, notamment deux que nous visitons en tant que "Plus Beaux Villages de France" : celui de Laressingle est sans doute le plus caractéristique, avec sa haute porte fortifiée munie d'un pont-levis et son imposant château-donjon. C'est aussi un point de rendez-vous touristique réputé, et les voyageurs hexagonaux s'y pressent pour déjeuner ou pique-niquer. Nous n'y faisons donc qu'un passage bref avant d'aller découvrir Fourcès un peu plus au nord.
Fourcès est un autre labellé plus beau village, et si c'est aussi un castelnau, il est très différent du précédent : en effet, le château a disparu, ce qui l'a transformé, au choix en castelnau incomplet ou en bastide atypique, munie d'une place circulaire. Toujours est-il que l'endroit vaut le détour, avec sa place ronde plantée d'arbres et bordée d'arcades, la porte de l'Horloge à l'entrée, le nouveau château et l'église le long des douves, parcourue lors de la belle balade qui fait le tour complet du village rond.
Non loin de là, le gros bourg de Montréal-du-Gers est quant à lui bien une bastide, avec sa place rectangulaire centrale, malheureusement ressemblant un peu trop à un parking.
Pour aller voir la bastide royale de Marciac, il faut prendre la direction du sud. Marciac est avant tout connue pour son festival de jazz qui se tient chaque année au mois d'août. Celui-ci est bien sûr annulé cette année pour raisons sanitaires, et la petite ville apparaît bien calme. Elle a de l'allure avec sa longue place centrale bordée de maisons à cornières aux piliers en bois, abritant quelques bons restaurants au passage. En sillonnant la ville, on découvre les lieux abritant d’habitude les musiciens réputés de Jazz in Marciac. La grande salle de l'Astrada est gardée par l'emblématique Wynton Marsalis, familier de Marciac, soufflant dans sa trompette, juste à côté de l'ancien Couvent des Augustins, dont il ne reste plus que clocher, façade et portail, et dont le cloître disparu est rappelé par une surprenante composition métallique. On pense aujourd'hui que la partie manquante du couvent a été déplacée en Californie par le magnat de la presse Randolph Hearst.
Parmi les derniers villages visités dans le Sud du département, celui de Bassoues frappe par son imposante halle en bois traversée par le rue principale, qui nous amène ensuite jusqu'au donjon un peu plus bas. C'est l'occasion d'emplettes chez une potière proposant des céramiques colorées sur la place du puits, emplette que nous complétons un peu plus au Domaine de Bilé, avec rosé Côtes-de-Gascogne, floc blanc et rouge, armagnac. Enfin, les Termes-d'Armagnac sont l'occasion d'une balade dans une campagne riante, entre vignes et pâturages, à partir de sa tour, donjon restant du château du XIIIème.









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