Lausanne l'Olympique


Nouvelle excursion suisse, un mois après celle vers Neuchâtel. Cette fois, c’est un autre lac (Léman), une autre ville (Lausanne), mais toujours pour une formation sur le thème à la mode des Pharmacopées. C’est encore en TGV que je me rends dans la ville Olympique, puisque Lausanne est le siège du CIO, le Comité International Olympique. Et logiquement on y trouve le Musée de l’Olympisme, superbement situé sur les hauteurs du lac du côté d’Ouchy, auquel on accède par une pente ornée de statues ayant trait au sport. Le bâtiment moderne, plutôt réussi avec ses lignes sobres, fleure bon l’opulence, aucun doute là-dessus, avec sa boutique hypertrophiée vendant les habituels produits dérivés et son inévitable café-restaurant pour arrondir le chiffre d’affaires. Au premier abord, le musée apparaît didactique et intéressant, à commencer par la section sur le monde antique et sur la régénération des J.O modernes. On enchaîne avec partie sur les Jeux d’aujourd’hui, illustrée par des expositions sur l’architecture, les cérémonies d’ouverture et la flamme olympique, les objets qui rappellent les vainqueurs, illustres ou inconnus. Puis on se fait la remarque des creux, de tout ce qui est escamoté ou carrément passé sous silence. Bon, on ne s’attend certes pas à un chapitre consacré à la corruption (et pourtant …). Mais pas un mot des boycotts successifs, notamment ceux de 1980 et 1984, capitaux pourtant pour comprendre l’intrication de l’Olympisme et de la politique. Le dopage est expédié en quelques lignes pour dire que prendre des stéroïdes, de l’EPO ou des excitants, c’est pas bien, et basta ! Les emblématiques Jeux de Berlin 1936 sont évoqués … par la qualité de leur Village Olympique : Hitler et Jesse Owens, connaît pas. Et ceux des attentats palestiniens à Munich en 1972 sont à peine cités. Bref, tout ce qui jette une ombre plus ou moins sombre sur la virginité de l’olympisme est nié ou évacué. On a droit par contre à un prêchi-prêcha développé ad libitum sur les valeurs de l’olympisme, la solidarité, le fair-play, dans un monde de Bisounours aux couleurs pastel roses et bleues. Pour moi qui ai suivi avec intérêt, voire passion, les Jeux Olympiques depuis mon enfance, cette visite du Musée Olympique est à la fois prenante et frustrante.




Evidemment, Lausanne est aussi une grande ville francophone, chef-lieu du canton de Vaud. Les bords du lac offrent une vue panoramique sur la côte française en face, et sur les montagnes qui la coiffent, parmi lesquelles je distingue la Dent d’Oche, que j’ai gravie en septembre dernier, et qui en cette saison est recouverte de neige. Sinon, le bord de mer, pardon de lac, est une morne plaine hivernale. Quelques statues désœuvrées observent le large en attendant l'événement qui les déminéralisera - peut-être. Les oiseaux de mer, sûrement frigorifiés, ne bougent pas de la surface de l'eau, tout juste animés par le faible ressac. Les pièces d'un giga-jeu d'échecs rappellent une partie sans doute abandonnée il y a quelques mois déjà.




En remontant vers la vieille ville, sur les hauteurs comme de bien entendu, on repart quelques siècles en arrière. La cathédrale gothique de Notre-Dame-de-Lausanne est imposante. Pour là rejoindre, on emprunte les Escaliers du Marché, qui la relient au quartier de la ville basse du Palud. Ils existent depuis le XIIIe siècle, mais leur forme actuelle, escaliers de bois couverts serpentant et doublé d’une rue pavée très raide, remonte au début des années 1700. Un peu plus haut, le château Saint-Maire est aujourd'hui encore le siège du gouvernement cantonal. 


Le soir venu, il est temps de rejoindre la campagne d'où j'irai demain accomplir mon devoir de formateur. Un train me dépose en rase campagne, et je m'aperçois que mon hôtel est situé en pleine cambrousse. Pas de plan car téléphone portable déchargé, pas de lumière non plus, je marche le long d'une route obscure pendant plus d'une demi-heure, ayant heureusement rencontré un (unique) autochtone qui peut m'indiquer le chemin de mon gîte, pour arriver sain et sauf à destination.

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