Des transports peu communs au Japon

Quand on voyage au Japon, emprunter les transports en commun, notamment train et métro, est une expérience en soi. Le Shinkansen, le TGV mode japonais, est un moyen idéal pour se déplacer sur l'île de Honshu : ponctuel (quasiment jamais de retard), confortable, rapide, et même facile à utiliser (tout est désormais en mode bilingue japonais - anglais). Quand on rentre dans son wagon (possible avec ou sans réservation), on est frappé comme tout est fonctionnel, beaucoup d'espace, des branchements, et surtout cette particularité des sièges pivotables, qui sont toujours positionnés dans le sens de la marche avant le départ. Mais le plus spectaculaire est ce qui se passe sur le quai avant ou après le voyage, lors du ballet du personnel qui va et vient entre quais et train. Cela commence par le personnel de nettoyage, en uniforme coloré, qui salue par des courbettes les gens qui sortent du Shinkansen, s'engouffre dans les wagons aspirateur à la main pour tout poutser en un quart-de-tour, avant de ressortir quelques minutes plus tard. Toujours dans le domaine de la propreté, il y un, souvent deux, agents qui balaient méticuleusement, sans relâche, la plateforme qui nous paraît pourtant déjà nickel, sans un déchet par terre. Côté conducteurs, l'uniforme est différent, mais le rituel aussi bien réglé. Chacun arrive avec sa petite mallette - et son masque (tout le personnel porte un masque, et ce n'est pas conjoncturel avec l'épidémie de coronavirus qui n'en est qu'à ses prémices), se salue, s'installe à son poste, et au moment de partir, se penche invariablement vers l'extérieur pour s'assurer que tout est en ordre sur le quai. 
  



Et puis les voyageurs rajoutent leur touche au spectacle : un homme déjeune dans son bento, des clients font la queue à la boutique invariablement installée sur le quai, une mère de famille attend avec son gamin dans les bras.


Enfin il faut dire un mot du Shinkansen lui-même, à côté duquel notre TGV fait pâle figure. Des couleurs différentes, et éclatantes, selon les destinations. Une vitesse impressionnante (malgré les risques de séisme), jusqu'à 320 km/h pour la plupart des destinations, bientôt 360 km/h sur les nouvelles lignes, par exemple celle vers Hokkaido.


Mais il n'y pas que le Shinkansen au Japon, il y a aussi de petites lignes, comme celle qui nous mène jusqu'au mont Fuji, dans un train en bois à l'ancienne, ou alors dans des wagons rouges à l'effigie de "La ville de Gaspard et Lisa" (en français dans le texte), une série populaire au Japon avec des personnages français, qui rappelle si besoin était que la France est décidément à la mode au Pays du Soleil Levant. Ou ce funiculaire qui nous propulse dans la montagne jusqu'à Koya.

Et puis il y a le fameux métro de Tokyo. L'emprunter aux heures de pointe reste une performance, disons physique : on est charrié, compressé, comprimé, jusqu'à s'encastrer contre son voisin ou une barre métallique, le magma de travailleurs étant malaxé par les fameux "pousseurs" en charge de faire monter le maximum de gens, en mode record dans une cabine téléphonique. Quand il y a moins de monde, l'on peut s'amuser à observer les usagers, qui lisent (parfois), tapent sur leur clavier (souvent) ou bien encore somnolent. Ce qui surprend aussi est la discipline respectée pour accéder au métro, des marquages au sol pour que chacun fasse la queue et monte quand son tour arrive.


 



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