Suzhou, Tongli, la Chine de l'intérieur

Après Shanghai, la grande ville largement occidentalisée, la porte vers l'Occident, cap vers la Chine de l'intérieur. Un train rapide, presque un TGV, m'amène à Suzhou à 1 heure de là. Suzhou, c'est une petite ville à l'échelle de la Chine, comparée à Shanghai, 5 millions d’habitants à peine, une broutille. Et c'est vrai que la ville apparaît comme une bourgade de province. Une grande rue piétonne où déambule la jeunesse locale, et c'est à peu près tout ... Bon, il y a quand même plusieurs lignes de métro qui desservent aussi les environs, mais surtout les canaux qui accaparent les touristes qui viennent jusque là. En effet, Suzhou est surnommée la Venise de l'Est, avec ses 160 ponts enjambant ces canaux qui encerclent le quadrilatère de la ville. De petits restaurants jalonnent les quais, une ambiance tranquille et détendue, ça change vraiment de l'immense Shanghai. Je m'essaie à une échoppe proposant des brochettes : c'est censé être du poulet, c'en est peut-être, mais alors quel morceau ? C'est bizarrement croquant, et la sauce badigeonnée m'enflamme le gosier - la brochette finit à la poubelle, je n'ai pas la même constitution palatale que les Chinois ! Ville de canaux, ville de jardins aussi, avec de jolis noms, celui de l'Humble Administrateur, celui du Maître du Filet ou encore celui du Pavillon de la Vague Bleue. Alors, évidemment, à la longue, les bonsaïs, les bouddhas, les rocailles et les vapeurs d'encens, cela finit par s'accumuler et les jardins par se ressembler. N'empêche que l’atmosphère apaisée à l’intérieur de ces endroits est bien reposante après l'animation et le grouillement des rues.



Une des petites villes les plus réputées de la région est celle de Tongli. C'est le métro (souterrain), tout neuf et ultramoderne, qui dessert tous les environs de Suzhou, qui permet de s'y rendre, jusqu'à l'ultime station de la ligne. On sort du métro ... pour se retrouver en pleine campagne (bizarre quand même de s'amuser à creuser pour y faire passer les tunnels du métro !). Je longe une quatre-voies toute droite, quasi-déserte, pour me rendre en une grosse demi-heure à Tongli, assez étonnant comme manière d'accéder à ce haut-lieu du tourisme. Il est vrai que la clientèle touristique est essentiellement chinoise, et que les voyages organisés règnent en maître. La ville, là encore construite sur une multitude de canaux, est très mignonne ; son lieu le plus fameux est un "triple-pont", en fait trois ponts qui enserrent une confluence de canaux, et qui  portent bonheur à ceux qui les empruntent paraît-il. De vieilles maisons restées authentiques, des habitants qui vivent là, quelques boutiques tout de même, après Shanghai et Suzhou, je monte encore d'un cran dans la tranquillité. je prends un jus de melon frais, tout seul à une petite table le long du canal, me faisant comprendre tant bien que mal par la jeune fille qui s'occupe des lieux, visiblement surprise de voir un étranger s'installer chez elle. 
Je repars la nuit venue, après avoir profité de la belle lumière vespérale et des lampions qui illuminent les cours d'eau. A l'office du tourisme, un préposé fort peu coopératif m'a indiqué que les autobus rejoignaient Suzhou depuis une gare routière non loin de la vieille ville, mais sans me préciser (trop fatiguant !) que le ligne ne fonctionnait plus après 18 heures. Tout est donc fermé à la gare. Un automobiliste de passage me propose de me ramener à Suzhou, mais il ne parle pas un mot d'anglais, et je ne comprends pas combien il me demande (ce ne doit pas être gratuit !), je décline donc l'offre légèrement intéressée. Un vieux Chinois sur son triporteur arrive à son tour : à coup de gestes, je lui fais comprendre, non sans mal, que je souhaite aller à la station de métro (cf. supra). Je n'ai pas envie de me faire 1 heure à pied la nuit le long de la grande route sombre, et je tente le coup, priant pour qu'il ait compris ma demande. Tout va bien, il va dans la bonne direction, mais son engin pétaradant prend la 4-voies à contre-sens, frôlant voitures et scooters (et la mort de près pensé-je), mais finit par m'amener à bon port, et je peux rentrer à mon hôtel dans le confortable métro. 





L'hôtel où je loge est Suzhou est aménagé dans un style très moderne, sous des lumières crues et flashy, mais est fort confortable. Les trois ascenseurs sont étonnants, le premier nous remonter dans la Chine ancestrale, style cité Interdite ; le deuxième est décoré aux couleurs de la Chine de Mao, tons jaunes et rouges, foules révolutionnaires sur les parois ; le troisième est une navette spatiale que nous fait nous prendre pour des taïkonautes (les spationautes chinois !).

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